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LE NARRATEUR : OMAR EST LE NARRATEUR. On le voit écrire les mémoires du chaâba ; - Au début et à la fin, on entend la voix off ; - Dans de nombreuses scènes, il est témoin spectateur ; - Les plans subjectifs se font toujours à partir d’Omar (d’où mise au point sur le plan subjectif au cinéma) |
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Etude des deux premières minutes du film : On entend la radio. Un sous titre nous apprend qu’on est en France en 1965. Le père déjeune et s’en va au travail. Omar explique comment s’est constitué le chaâba. Le film commence avec une voix radiophonique remplacée par l’hymne algérien. Cette radio, c’est le contact avec l’Algérie. En fait, tous les habitants du chaâba gardent le contact avec le pays. On peut même dire que le chaâba est un coin de l’Algérie reconstruit en France. La première image est celle du père. Il est à l’origine du chaâba, c’est l’autorité. Le film nous renseigne d’emblée sur les personnages : La mère est au deuxième plan, au service de l’homme. De plus, entre l’homme et la femme, la caméra choisit le père. Le père part en cyclomoteur ; il dépasse les autres : on le voit au travers d’une fenêtre ; puis la tête de Omar vient se coller en bas à droite de l’image. C’est lui qui regarde. Celui qui regarde, c’est Omar = c’est bien lui le narrateur. Il se détourne du père qui part au travail pour prendre son livre : Salambô (Lien avec le Maghreb ?) Ne pas confondre la voix de la radio (qui fait partie de l’histoire), avec la voix off, qui est hors de l’histoire. En fait, on distingue la voix off qui est dans l’histoire mais hors champ, de la voix over qui, elle, se superpose à l’histoire. L’enfant s’endort sur son livre. Une phrase est mise en valeur par le jeu de l’acteur qui relève la tête et souligne l’importance du texte : « Je suis français ! » Pourquoi s’endort-il ? C’est une bouée de sauvetage : cela lui permet d’échapper aux difficultés de sa vie matérielle. Le plan suivant nous livre trois informations : - Farid est considéré comme le souffre douleur du père (ce personnage est sauvé à la fin du film par un discours admirable sur l’école), - La fille va chercher de l’eau : Le metteur en scène présente le chaâba au prix d’une invraisemblance : le point d’eau semble très éloigné de la maison (Si on y regarde de près, la situation de ce point d’eau a varié au cours du film, le metteur en scène ne le met pas toujours à la même place (cf difficultés de tournage) - Le chaâba est toujours filmé avec des couleurs éteintes : brun, marron, vert, kaki. Jamais de couleurs vives (les seules couleurs vives qui apparaissent dans le film, ce sont les couleurs des robes des femmes lors de la scène de la circoncision). De plus, le chaâba est toujours filmé à hauteur d’individu : on perçoit mieux les obstacles, et on ne voit jamais le ciel, ce qui accentue l’impression de fermeture, d’enfermement, de prison. La boue est aussi toujours présente. Seul élément positif de cette séquence : la musique qui contrebalance les impressions données par les images.
On en arrive alors à Nadia qu’on aperçoit constamment près de l’eau. A ce point du récit, un seul personnage enfant reste à présenter : c’est Zorha. C’est elle qui ouvre le chemin lorsque les enfants partent à l’école. Elle marche sur des planches pour ne pas salir ses chaussures. Plus tard, elle se maquille. La coquetterie la caractérise. Plus tard, elle montrera à Omar le chemin de la réussite scolaire. La caméra s’élève alors et on aperçoit les deux données du film : au premier plan, le chaâba et plus loin, la ville de Lyon (cf titre = gone + chaâba). Enfin, cette première séquence se termine sur une fermeture : Omar ferme la porte du chaâba en recommandant au petit frère de rester l’attendre. On perçoit par là la clôture qui caractérise ce lieu : personne n’y vient, eux n’en sortent pas. Le chaâba protège mais aussi, il exclut. |
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Plan suivant : l’entrée en classe. Les élèves rentrent dans un ordre déterminé : les Français d’abord, les Algériens ensuite. Ceux-ci se placent au fond à droite par rapport au bureau de l’instituteur.. Le parcours de Omar sera révélateur de son évolution : Positions de Omar dans la classe :
Omar passe de la position ½ à la ¾ qui lui est symétrique, pour arriver à la 5 qui marque son intégration totale. Hacène agresse l’instituteur avec le porte plume : ce qui était pour lui un instrument de torture puisqu’il ne pouvait maîtriser la langue, devient l’objet dont il se sert pour torturer l’enseignant. Lors de la récitation de la leçon de morale, on remarquera à l’arrière plan le raccord défectueux qui montre pendant la première partie de la scène un enfant s’endormant, et par la suite le même enfant parfaitement éveillé. (cf problèmes de tournage déjà évoqués). Au retour de l’école, le jeune frère attend toujours ( !!!) et Omar est le seul à ne pas jeter son sac. Bouzid aide un autre habitant à construire sa maison. A l’arrière plan, Saïd passe : il n’est plus solidaire. Omar assiste à cette scène : c’est bien lui le narrateur. Le père a l’intuition que la boucherie causera leur malheur. Omar se lance à la poursuite de son frère. Nous avons alors une vision qui n’est pas celle d’un personnage. C’est un plan objectif.
On comprend que pour ce film, le réalisateur se soit retrouvé à filmer dans des espaces réduits. Comme il décide de ne pas avoir recours à une grue, les plans se font beaucoup en panoramique. Le plus souvent, le cameraman porte la camera sur l’épaule.(En fait le réalisateur utilise beaucoup une « steadicam », camera montée sur un harnais qui amortit les mouvement de l’opérateur (on dirait que la camera flotte). Omar va aux toilettes : on remarque que le point d’eau a changé de place !!!! Querelle de l’eau : La mère de Nadia dit : « J’espère que ta maison va brûler ». Sa maison brûlera… Lorsque la dispute commence, Omar ferme son livre et sourit : ceci suppose que cette dispute soit rituelle et qu’elle n’ait rien de dramatique. Les femmes sont habillées de vêtements aux couleurs vives. Elles ne quittent jamais le chaâba : elles symbolisent l’Algérie. La camera se rapproche, signe non pas d’une avancée du spectateur mais d’un resserrement de l’attention. Omar assiste en témoin à la dispute entre les femmes comme précédemment il assistait à la dispute entre les deux frères. Ceci renforce son statut de narrateur. |
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DIALOGUE OMAR HACENESéquence constituée de 17 plans
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La partie 1 à 6 traitée entièrement en champ / contrechamp révèle l’incompréhension entre les deux enfants. Dans le plan 6, Omar se rapproche : il veut communiquer son savoir. Toute la suite de la séquence n’est pas traitée de la même façon en champ / contrechamp car Hacène est exclu de la compréhension de cette histoire. Il n’est pas filmé parce qu’il ne comprend pas le raisonnement de Omar. Le seul moment de la séquence où on le voit correspond à une mise en abyme du film : pour Omar, la seule échappatoire aux difficultés de son existence, c’est l’imaginaire. Sans cela, on devient fou. Or, Hassène n’entre pas dans cette démarche : il deviendra fou…. Au moment où Omar raconte l’histoire du prisonnier et dit qu « c’était juste pour le rendre fou », on voit Hacène… Seul moment du récit de Omar où Hacène est vu. Par la suite, le dialogue se poursuit et est filmé cette fois avec alternance de champ contrechamp. Mais, on remarque qu’à chaque fois, on voit le personnage qui parle sans jamais que les paroles contredisent l’image. En fait, il y a une séparation nette : les images de Omar coïncident avec les paroles de Omar. De même les paroles de Hacène coïncident avec les images de Hacène. En fait, ce sont deux univers nettement séparés : il y a le monde de Omar d’un côté, celui de Hacène de l’autre. Il n’empiètent pas l’un sur l’autre. Ça n’est que lorsque les deux enfants se lient pour partir jouer que ce schéma s’interrompt. Scène de la décharge :
Scène de la circoncision : Contraste avec l’atmosphère du reste : couleurs vives en particulier dans les costumes des femmes. |
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Scène finale : Le père ferme la maison, va dans la voiture, on voit Omar dans la voiture, on voit ce que Omar voit. Dans la scène terminale, on voit Omar qui disparaît progressivement dans l’univers des HLM.Dernière image :
Parcours de Omar qui s’en sort grâce à l’imagination. |
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