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Concours National de la résistance et de la déportation

Année scolaire 2000-2001

Ce travail réalisé par des élèves de 3ème a été lauréat du concours.

La résistance dans les cantons de Scaër et Coray

 

Nos cantons de Scaër et de Coray furent très engagés dans la résistance, comme en témoignent les nombreux "lieux de mémoire" présents dans notre environnement. Malgré l'importance locale de la résistance, les témoignages sont rares et son histoire encore à écrire.

Aussi nous a t-il paru naturel de participer au concours National de la Résistance et de la Déportation. Voici les résultats d'une enquête qui mériterait un approfondissement et notamment concernant les Francais libres pour lesquels nous ne disposons que d'un témoignage.

Nous adressons des remerciements particuliers aux témoins de l'époque que nous avons eu la chance de rencontrer : messieurs Le Gall et Olivier, et Mr. Vico (vice président du V.C.R.) dont le poignant témoignage fut déterminant pour nous dans la volonté de participer au présent concours.

Nous allons tenter de montrer comment la résistance locale s'est organisée pour concourir à la victoire, à laquelle elle a d'ailleurs payé un lourd tribut.

 

Scaër et Coray sont en 1940 des communes rurales dont une partie de la population est ouvrière (le vote communiste à Scaër est d'ailleurs ancien). Les populations locales sont presque doublées lors de l'été 1940 par l'afflux massif des réfugiés (près de 9000 pour Scaër). Une garnison Allemande s'installe à Scaër, ce qui entraîne de nombreuses réquisitions.

Dès lors, les motifs qui entraînent un engagement dans la résistance sont multiples et souvent cumulatifs. Nous avons relevé:

- Le patriotisme nourri de souvenirs de la première guerre mondiale qui se manifeste tout simplement par le refus de voir les Allemands chez soi (témoignages de messieurs Vico, Olivier et Le Gall).

- La volonté de ne pas se laisser séduire par la puissance Whermacht (Mr Vico).

- Le refus du fascicme (témoignage de Mr Olivier)

- L'appel du général de Gaulle du 18 juin 1940 directement ou indirectement entendu qui rallie les énergies (Mr le Gall et Mr Olivier)

- Les réquisitions qui frappent durement nos cantons ruraux et le désir d'action de très jeunes gens.

La résistance s'ébauche dès 1940 autour de petits groupes d'affinités (amis de lycée pour Mr le Gall ou famille pour Mr Olivier) sensibles au message d'espoir de De Gaulle. Leur organisation est sommaire. Certains rejoignent Londres pour combattre auprès des Britanniques dans ce qui deviendra les FFL trouvant par chance un bateau pour la Grande-Bretagne (Mr Le Gall) ou d'autres engagent des actions en territoire occupé comme la distribution de tracts manuscrits (Mr Olivier) conscients rapidement de la nécessité d'agir dans la clandestinité. Ils ont peu d'armes sauf des armes de chasse. L'écoute de radio-Londres apparaît comme un acte de résistance nécessaire à la fois pour le moral et pour recevoir des informations. Pour Scaër les premiers mouvements de résistance sont datés de 1941.

Puis les organisations s'étoffent par recrutement individuel et discret (Mr Olivier). On trouve sur Scaër et Coray des groupes appartenant à "Libération nord", aux FTPF, à l'armée secrète, au BCRA dans des maquis ( Forêt de Coatloch ou de Cascadec) nourris des réfractaires au STO (Mr Le Couedic). Les maquis qui se créent en 1943 sont ravitaillés par la population (agriculteurs et commerçants). Leurs actions sont multiples et très courageuses : attaques répétées et déraillements de train à Rosporden, assaut et évasion réussie d'un camarade détenu à Quimper, vol d'essence, attaque répétées de bus de l'organisation Thodt qui menait des Scaërois à l'aéroport en construction de Guidel, renseignements, et en juillet 1944, réception de parachutages à Kernabat. Pour l'anecdocte, un habitant de Coray résiste en plaçant du crin de cheval dans les lits Allemands. Nous avons noté que la majeure partie des actions armées ont lieu entre mars et août 1944.

La répression des occupants est toujours féroce : prise d'otages à Coray, convocations à la Kommandantur de Rosporden parfois suivies de tortures (Mr R.), menaces diverses, supplices de résistants faits à Kernabat... De nombreux résistants le payeront de leurs vies (comme en témoignent les noms de rues). Les Allemands d'origine russe (armée Vlassov) présents dans le secteur se révèlent particuliérement durs.

La résistance est présente lors de la libération. Ayant reçu des armes par parachutages et après les combats de Kernabat (déja cités), les résistants du secteur organisent des barrages sur les routes du canton pour bloquer les colonnes d'Allemands en fuite. Nos cantons sont libérés par les maquisards le 4 août 1944. Beaucoup des résistants locaux poursuivent la guerre notamment en participant à la réduction de la poche de Lorient aux côtés des Américains (témoignage de Mr Olivier).

En guise de conclusion, nous, garçons et filles de troisième du collège Léo Ferré de Scaër avons tenu à témoigner de nos sentiments face à ces témoignages. Tout d'abord, nous somme conscients d'être parmi les derniers à pouvoir recevoir directement les témoignages de cette période fondamentale de notre histoire poursuivant par là notre part du devoir de mémoire dans une région particulièrement résistante. Certains d'entre nous ont pu d'ailleurs établir un lien avec des membres résistants de leurs propres familles.

Nous avons été touchés par ces divers témoignages, leur forces, leur humanité. Nous sommes conscients du courage dont ont su faire preuve ces hommes et ces femmes qui ont le courage de refuser le confort et la tranquilité, conscients du rôle qu'ils jouèrent au côté des alliés pour libérer notre territoire rendant son honneur à notre démocratie, conscients des valeurs portées par la résistance notamment celles liées au respect des droits de l'homme qui font ce que nous sommes aujourd'hui... Nous espérons que ce travail permettra que cela ne se reproduise pas.

Merci pour votre courage (hier comme aujourd'hui).
Merci pour votre exemple.

Chronologie

1939

1940

JFMAMJJASOND

1941

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1942

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1943

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1944

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Légende:

1.Les Bannalecois sont occupés par les Allemands à partir du 21 Juin 1940.

2. Les premiers mouvements de résistance à Scaër datent de 1941.

3. A Bannalec, un groupe de maquisards s'est formé en 1942.

4. En 1943, à Scaër, les groupes de maquisards vont se former. Les maquisards se sont réfugiés dans la forêt de " Coat-Loch " et " Cascadec " et sont ravitaillés par des cultivateurs et des commerçants.

5. Le 10 novembre 1943 au soir, un groupe de jeunes gens veut fêter le 11 novembre. Ils mettent le feu dans un wagon de munitions allemandes. Une fois les Allemands avertis, ces derniers tirent dans l'ombre des personnes et par malheur touchent une personne : Pierre Pendélio, il sera torturé.

Les maquisards scaërois vont se montrer très entreprenants en 1944. Le sabotages se succèdent :

6. Dans la nuit du 18 au 19 mars, une douzaine d'hommes dirigés par François Daeron dit "Louis d'or" et Christophe Le Moal, alias "Abel", déboulonnent deux rails au " Trou de la Belle-mère" entre Bannalec et Kerrest. Le convoi ferroviaire déraille.

7. Le 8 avril, des patriotes scaërois attaquent la prison Saint-Charles de Quimper.

8. Le 16 avril, des scaërois stoppent un car de l'organisation "Todt" au "Bougeal" en Guiscriff. Ils font incendier le car après avoir fait descndre les ouvriers Français et allemands.

9. Dans la nuit du 21 au 22 avril, des Scaërois et trois Guiscrivittes déboulonnent des rails. Le train de permissionnaires allemands tombe dans un ravin.

10. Le 11 Mai, en gare de Rosporden, un commando scaërois, composé de Marcel Sinquin, du "Grand George", de Jean-Louis Cassagne, de Mathieu, etc, fait exploser à la dynamite deux locomotives. Suite à cet attentat, le maquisard George Kerangourec et intercepté puis fusillé. Ce même jour à Mellac, des officiers allemands sont la cible de Jean-Louis Monfort alias "Mastard" et d'un camarade. Le courageux "Masard" se fait prendre et envoyé à la prison du "Bel Air". IL est fusillé le lendemain à la Croix de Mellac.

11. Dans la nuit du 10 au 11 juin, une vingtaines de maquisards s'en prennent à un entrepôt de ravitaillement allemand.

12. Dans le journée du 11 juin, cinq Scaërois se font intercepter au cours d'une autre mission. Une bombe destinée au Château de " Kergegu " tonbe dans une maison voisine et tue Madama Boedec et ses deux fils.

13. Le 14 juillet 1944, il y eut la bataille de Kernabat. dans la nuit du 14 au 15 juillet, 16 tonnes de matériel furent parachutées à Menez-kervir. Il y avait beaucoup de personnes pour effacer les traces. Le 15 juillet à 5 h 30, Louis Le Bihan, maire de Coray, est arrêté. Le 15 juillet, la bataille de Kernabat fit tomber beaucoup de personnes.

14. Dans la nuit du 2 au 3 août 1944, une centaine de maquisards, venant du village de Keruscun en Leuhan se préparent à encerclé Scaër. Ceux-ci se trouvent sous la direction d'Emile Guéguen, Christophe Le Moal, Job Giguelay, Marcel Piriou,...

15. Le lendemain 4 août, les maquisards viennent prendre possession de Scaër. Le lieutenant colonel Le Tallec, installe un hôpital à l'école des garçons.

 

Les lieux commémoratifs de la résistance dans nos communes:

"Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas"

Appel du 18 juin 1940 du Général de Gaule.

 

Vue d'ensemble des monuments de Kernabat:

 

 

¨Place de la resistance de Scaër :

 

 

Un des deux monuments de Kernabat:

 

''Zoom'' Du monument de Kernabat :

 

Une rue portant le nom d'un résistant :
(Capitaine Pézennec)

 

 

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Collège Léo Ferré 16, rue Paul Pourhiet 29390 SCAER