Dossier réalisé par les 1L

 

L'électricité d'origine nucléaire en France

 

 

Problématique : Peut-on se passer du nucléaire en France ?

 

 


SOMMAIRE

 

INTRODUCTION GENERALE

 1. HISTORIQUE

1.1 L’atome
1.2 La découverte de la radioactivité
1.3 Les pionniers du nucléaire
1.4 L’arme nucléaire
1.5 Création du premier réacteur nucléaire
1.6 Les premières applications civiles

 2. ASPECT TECHNIQUE

2.1 Le fonctionnement de la centrale
2.1.1 L'origine de l'énergie
2.1.2 Le réacteur

2.2 La sûreté nucléaire
2.2.1 Les barres de contrôle
2.2.2 Le confinement

2.3 Le personnel de la centrale
2.3.1 La maintenance
2.3.2 La production
2.3.3 La sécurité

 3. ASPECT ECONOMIQUE

3.1 Besoins en énergie électrique
3.1.1 Utilisation domestique
3.1.2 Utilisation industrielle

3.2 La production d'électricité en France
3.2.1 Rappel historique
3.2.2 La dépendance énergétique
3.2.3 Emplois

3.3 Le coût du nucléaire
3.3.1 Le prix du kWh
3.3.2 Comment le calcule-t-on ?

 4. L'ELECTRICITE DEMAIN

4.1 Quelle évolution a suivi le nucléaire ?
4.1.1 Le nucléaire hier
4.1.2 Le nucléaire aujourd’hui
4.1.3 Pourquoi passer à une autre énergie ?
4.2 Comment produire de l’électricité sans nucléaire ?
4.2.1 L’arrêt des centrales
4.2.2 La substitution par d’autres sources
4.2.3 Les économies d’énergie
4.3 Le cas de la Suède : le choix des citoyens suédois

 5. ATOUTS ET RISQUES DU NUCLEAIRE

5.1 Les atouts du nucléaire
5.1.1 Le domaine médical
5.1.2 Le domaine agro-alimentaire
5.1.3 Le domaine culturel
5.1.4 Le domaine industriel
5.2 Les risques qu'engendre le nucléaire
5.2.1 La pollution causée par les déchets
5.2.2 Les incidents à l'intérieur de la centrale
5.2.3 Les dangers pour l'être humain

 6. LE NUCLEAIRE : INFORMATION, CITOYENNETE

6.1 Les lois
6.1.1 Les lois établies sur le nucléaire
6.1.2 Les acteurs du nucléaire
6.1.3 Les industriels du nucléaire
6.1.4 Le lobby nucléaire
6.2 L'information
6.2.1 Médias, presse écrite, service Minitel, publicité...
6.2.1.1 le service Minitel
6.2.1.2 le service téléphonique

6.2.2 L'information auprès des habitants
6.2.3 Le sondage

CONCLUSION GENERALE

LEXIQUE

BIBLIOGRAPHIE


INTRODUCTION GENERALE

Le nucléaire est un phénomène actuel de société et sujet à de nombreuses polémiques en France comme à l'étranger, notamment en Allemagne. Le cas de la France est particulier puisque cette énergie occupe une place importante par rapport aux autres pays. Pour tenter de répondre à la problématique qui est de savoir si on peut se passer du nucléaire en France, il est utile de s'intéresser tout d'abord à l'origine de cette énergie, à son aspect technique et économique, à son évolution future et aussi de s'interroger sur les atouts et les risques qu'elle entraîne. Enfin il semble opportun de se pencher sur le problème de l'information et des lois sur le nucléaire en France. Le but de ce dossier est d’aider chacun à se faire une opinion sur le sujet puisque chaque citoyen pourra prochainement, grâce à de nouvelles lois, se prononcer sur les choix électriques du pays.

 

1. HISTORIQUE

Fondé sur la découverte de l’équivalence entre masse et énergie, le nucléaire n’est initialement sorti des laboratoires de physique, en 1942, qu’en vue de ses applications militaires. Dans l’après-guerre, il a permis simultanément de développer une seconde génération d’armes bien plus puissantes que les premières qui a joué un rôle stratégique majeur au cours de la guerre froide, et de mettre en œuvre de très importantes applications civiles.

Nous allons tout d’abord nous intéresser à l’atome à travers les époques, ensuite, nous évoquerons la découverte de la radioactivité. Par la suite, nous étudierons les différents personnages ayant joué un rôle important dans la découverte et l’évolution du nucléaire. Enfin, nous terminerons par le nucléaire à notre époque.

 

1.1 L’atome

L’atome des philosophes a 2500 ans d’existence, mais celui des chimistes a à peine 2 siècles, et celui des physiciens tout juste 100 ans. Pourtant, ce mot a universellement acquis une résonance dramatique depuis qu’on lui a, injustement d’ailleurs, accolé une connotation de guerre et de mort. L’exploration de l’atome constitue une des plus éclatantes réussites de la science, et les applications qu'on en a tirées, même si certaines sont contestées, tiennent une place importante dans notre vie.

La réflexion sur la constitution de la matière occupe une grande place chez les philosophes de la Grèce antique. En effet, l’origine de la théorie atomique remonte à l'Antiquité, lorsque Leucippe et son disciple Démocrite introduisent le principe de discontinuité de la matière et prononcent le mot " atomos ". Quelques années plus tard, Démocrite décrit la matière comme un assemblage de particules invisibles, indivisibles et éternelles : les atomes. Cette nouvelle conception sera développée par Epicure puis par le poète latin Lucrèce. La théorie atomique sera reprise et scientifiquement formulée 2000 ans plus tard.
En effet, il faudra donc attendre les travaux de Lavoisier (1743-1794) et de John Dalton, un chimiste anglais qui, en 1803, présente un mémoire sur l’absorption des gaz par les liquides, et utilisent l’hypothèse selon laquelle la matière est composée de particules ultimes identiques et indivisibles : les atomes. En 1811, l’Italien Avogadro établit une distinction entre les atomes et les molécules. D’autres scientifiques contribueront à des recherches (Proust, Richter, Gay-Lussac…) pour que la notion d'atome prenne un contenu scientifique. Les lois des combinaisons chimiques démontrées expérimentalement ne peuvent s’interpréter qu’en posant l’existence de l’atome.

La structure interne des atomes échappant à toute observation directe, on en construit un modèle théorique qui, sans donner une description physique exacte est une synthèse commode de ses propriétés connues. Divers modèles ont été successivement proposés : les modèles de Kelvin (couches sphériques), de sir J.J. Thomson (nuage d’électrons dans une sphère fluide chargée positivement), de Jean Perrin…

 

1.2 La découverte de la radioactivité

 

La radioactivité est certainement la branche de la physique qui a le plus frappé l’imagination. Cette étrange lueur que répand le radium, révélée par Marie Curie, les propriétés mystérieuses de ces rayons qui traversent la matière, tout a concouru pour donner, pendant la première moitié du XXe siècle une dimension un peu magique à cette physique. Mais, aujourd’hui, malgré nombre d’applications utiles, des accidents comme celui de Tchernobyl ont conduit à une prise de conscience des réels dangers de la radioactivité.

En 1896, alors qu’il étudie la phosphorescence, Henri Becquerel observe qu’un échantillon de pechblende (minerai d’uranium) placé, dans l’obscurité, à proximité d’une plaque photographique impressionne celle-ci, tout comme le faisaient les rayons X, récemment découverts par Wilhelm Rontgen ; il vient ainsi de mettre en évidence le phénomène de radioactivité. Tous les composés de l’uranium et le métal pur manifestent le même pouvoir. En 1898, CG Schmidt et Marie Curie, font, indépendamment, une constatation analogue à propos du thorium. Cette même année, Pierre et Marie Curie, en étudiant les propriétés radioactives du minerai d’uranium, décèlent deux nouveaux éléments radioactifs : le polonium et le radium. En 1899, l’actinium, identifié par André Debierne, vient s’ajouter à la liste. Pendant les années suivantes, Ernest Rutherford et ses collaborateurs tentent de déterminer la nature des rayonnements émis par ses substances, en étudiant, notamment, le pouvoir pénétrant et la déviation de rayons, auxquels sont affectés les noms alpha, bêta et gamma. En 1902, Rutherford et Soddy énoncent la loi qui régit quantitativement la décroissance de la radioactivité d’un échantillon. Rutherford et les Curie découvrent indépendamment, à partir du radium et du thorium, le radon (appelé aussi émanation du radium), élément gazeux radioactif, ce qui conduit Rutherford et Soddy à avancer la théorie des désintégrations successives.

 

1.3 Les pionniers du nucléaire

 

1896 : Becquerel (français)

Il dispose par hasard une plaque photographique au-dessus de sels d’uranium et constate que la plaque a été impressionnée par un rayonnement inconnu, il découvre alors la radioactivité naturelle.

 

 

1897 : Thomson (anglais)

Il découvre que les rayons cathodiques sont déviés par un champ magnétique. Le sens de la déviation indique qu’il s’agit de particules négatives : il les baptise électrons.

 

 

1898 : Pierre et Marie Curie (français)

Ils constatent en étudiant le phénomène découvert par Becquerel que le minerai d'uranium émet plus de rayonnements que l'uranium purifié. Ils vont découvrir l'isolation du polonium et du radium.

 

 

1900 : Rutherford (anglais)

Il remarque que certains rayonnements sont arrêtés par une feuille d’aluminium et les nomme alpha et d’autres la traversent, il les nomme bêta.

 

1903 : Rutherford et Soddy

Ils énoncent la première théorie des réactions nucléaires.

1905 : Einstein (allemand)

Il énonce la célèbre formule de l’équivalence entre la masse et l’énergie.

 

1911 : Rutherford

Il découvre le noyau de l’atome.

1913 : Rutherford

Il découvre le proton et en 1919, il est témoin de la première réaction du nucléaire observée.

1932 : Chadwick (anglais)

Il va découvrir l’existence du neutron.

1934 : Irène et Frédéric Joliot-Curie

Ils découvrent les nucléides artificiels et la radioactivité artificielle.

1934 : Fermi (italien)

Il bombarde de l’uranium avec des neutrons et constate la formation de corps nouveaux.

1938 : Hahn et Strassmann (allemands)

Ils font la découverte de la fission.

1939 : Frédéric Joliot-Curie

Il découvre avec l’Allemand Frisch le mécanisme de la réaction en chaîne.

 

 1.4 L’arme nucléaire

Les découvertes de la radioactivité par Becquerel et beaucoup d’autres progrès scientifiques et techniques ont ouvert la voie conduisant à la fabrication d’explosifs nucléaires. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les principaux protagonistes du conflit se sont livrés une véritable course à la bombe, largement remportée par les Etats-Unis grâce à un effort financier, industriel et scientifique. Cet effort aboutit à l’explosion expérimentale de la première bombe atomique, dans le désert du nouveau Mexique, le 16 juillet 1945. En août 1945, les Américains emploient l’arme atomique à deux reprises, d’abord à Hiroshima (75 000 morts) puis à Nagasaki (40 000 morts). Ces bombardements ouvrent une nouvelle ère dominée par la dissuasion nucléaire.

 

 1.5 Création du premier réacteur nucléaire

En 1942, le physicien italien Fermi démontre le premier la possibilité d’entretenir une réaction en chaîne. Il construit sous les gradins d’une université un réacteur constitué d’un empilement de cubes de graphite et de barres d’uranium. La pile Fermi diverge le 2 décembre 1942, la réaction en chaîne est entretenue pendant quelques minutes.

Plusieurs réacteurs de grande taille, conçus sur le même principe, sont ensuite construits dans l’Etat de Washington, puis en Géorgie, pour fournir aux Etats-Unis, le plutonium nécessaire à leur besoin militaire.

 

 1.6 Les premières applications civiles

En 1951, aux Etats-Unis, la première électricité d’origine nucléaire est produite. Les Américains mettent au point le premier réacteur expérimental à la station d’ARCO. En 1954, le congrès américain approuve la construction de 5 réacteurs prototypes. C’est le début du développement industriel de l’énergie nucléaire aux Etats-Unis. En France, en 1945, est créé le Commissariat à l’énergie atomique qui décide aussitôt de la création de plusieurs réacteurs d'essai. Le premier d’entre eux, la pile Zoé. En 1956, le réacteur G1, premier réacteur français producteur d’électricité est mis en service à Marcoule. Deux autres réacteurs, G2 et G3 mis en service en 1959 et 1960 conduisent à la mise au point de l’UNGG, première filière choisie par la France pour son équipement en centrale.

 

Au milieu des années 60, l’énergie nucléaire aborde une ère d’industrialisation rapide. La crise de 1973 et la hausse brutale du prix du pétrole ne font que renforcer la tendance. Afin de préserver leur indépendance économique, la plupart des pays industrialisés accélèrent les études et la réalisation. En 1987, les 422 réacteurs nucléaires en fonctionnement dans les 26 pays du monde ont fourni environ 16 % de l’électricité mondiale. Ce pourcentage devrait atteindre 20 % à la fin du siècle.

 

2. ASPECT TECHNIQUE

La France produit aujourd'hui plus de 80 % d'électricité d'origine nucléaire. En effet, cette production est assurée par 57 réacteurs répartis dans 17 centrales, et pour mieux connaître leur fonctionnement, nous avons visité la centrale de Flamanville qui nous a offert une vision réaliste de ce que nous allons étudier dans le dossier, à savoir le fonctionnement du réacteur, la sûreté et nous établirons ensuite une liste des différents métiers exercés dans une centrale.

 2.1 Le fonctionnement de la centrale

 2.1.1 L'origine de l'énergie

L'énergie nucléaire est produite par une fission d'atomes d'uranium. A l'état naturel, il existe deux isotopes principaux : l'uranium 235 et l'uranium 238. Seul l'uranium 235 est fissile dans les réacteurs on utilise donc de l'uranium enrichi en uranium 235.

2.1.2 Le réacteur

Le réacteur nucléaire se compose de deux circuits. La combustion de l'uranium dégage de la chaleur, qui va chauffer l'eau du circuit primaire (celle-ci sera maintenue sous état liquide grâce à un pressuriseur) ; ensuite l'eau du circuit secondaire va se transformer en vapeur qui va actionner une turbine, laquelle va entraîner un alternateur : on obtient enfin de l'électricité.

Dans le cœur du réacteur, les 2 circuits ne sont jamais en contact et le circuit primaire ne sort jamais de l'enceinte de confinement. Dans celui-ci sont placés des "crayons" contenant la matière combustible. On bombarde alors les pastilles d'uranium 235 de neutrons, la fission est ainsi déclenchée.

N.B: Pendant la réaction, des barres qui ont la capacité d'absorber les neutrons peuvent être descendues dans le cœur du réacteur à tout moment pour faire diminuer l'intensité de la réaction, voire la faire stopper. (Il faut dans ce cas au maximum 2 secondes pour arrêter l'activité du réacteur).

2.2 La sûreté nucléaire

Aujourd'hui, une installation de type nucléaire fonctionne de telle sorte qu'elle ne doit, en aucun cas, faire courir de risque à l'homme, et à l'environnement. A tous les stades de la vie d'une centrale et de son exploitation, dont la durée peut être supérieure à quarante ans, la sûreté est établie tant sur le professionnalisme du personnel que sur la conception, les systèmes et les organisations...

C'est pour cela que nous allons étudier l'importance que peuvent avoir les barres de contrôle, et le confinement, lors d'un mauvais fonctionnement que peut rencontrer une centrale.

2.2.1 Les barres de contrôle

Dans une centrale, l'uranium, sous forme d'oxyde, est contenu par les assemblages de combustibles constituant le cœur du réacteur. Ainsi, enfermé dans une gaine étanche, il est le siège de la réaction en chaîne provoquée par l'émission continue et contrôlée de neutrons. La chaleur dégagée provient de l'énergie produite par la fission de l'uranium 235. Donc, le contrôle de la réaction nucléaire a lieu grâce à la présence des barres de contrôle se trouvant au-dessus du cœur du réacteur. Leur propriété étant d'absorber les neutrons. C'est ainsi que, lors de la descente des barres dans le réacteur, une absorption des neutrons et un ralentissement de la réaction en chaîne provoquent une diminution de la puissance du réacteur. La régulation de la puissance est assurée par des automatismes. La chute totale des barres, qui arrête la réaction en chaîne, nécessite, à peu près, deux secondes.

2.2.2 Le confinement

Des barrières successives sont mises en place pour limiter la dispersion des produits radioactifs dans l'air. Les produits contenus dans le cœur du réacteur sont entourés par trois barrières étanches :

- La gaine entourant les pastilles de combustible nucléaire.

- L'enveloppe en acier qui constitue le circuit primaire de la centrale, c'est-à-dire, la cuve du réacteur, pompe primaire, pressuriseur, faisceaux de tubes des générateurs de vapeur, tuyauteries.

- L'enceinte de confinement qui contient le circuit primaire. Elle est constituée d'une paroi en béton revêtue d'une peau interne en acier, dans les centrales 900 MW, et de deux parois en béton dans les centrales 1300 et 1450MW.

 2.3 Le personnel de la centrale

Le personnel se divise en 3 domaines : la maintenance, la production et la sécurité. Près de 30 000 personnes travaillent dans les centrales nucléaires (dont 17 000 agents E.D.F.). Tout le personnel utilise des procédures d'interventions. Un contrôleur vérifie certaines étapes de leurs interventions. Il peut être amené à effectuer des contrôles pour d'autres équipes E.D.F. ou pour des entreprises extérieures dans son domaine d'activité. Dans tous ces métiers, les personnes participent à la sûreté de la centrale et à la protection de l'environnement.

2.3.1 La maintenance

Le mécanicien

L'électricien

L'automaticien

2.3.2 La production

Le technicien d'exploitation (rondier)

L'opérateur

Le chargé de contrôles essais statistiques

Le chimiste

2.3.3 La sécurité

Le chargé de sécurité radioprotection

L'agent de la protection de site

 

La fission nucléaire présente des dangers qu'il faut savoir maîtriser et peut-être est-ce grâce à la catastrophe de Tchernobyl qu'aujourd'hui le nucléaire bénéficie de sécurités renforcées tant pour l'environnement que pour le personnel.

 

3. ASPECT ECONOMIQUE

L'électricité d'origine nucléaire a toujours joué un rôle important dans les relations internationales sur le plan économique. Pour tenter de répondre à la problématique " Peut-on se passer du nucléaire en France ? ", nous pouvons étudier les aspects économiques de cette énergie. Ainsi, nous analyserons tout d'abord les besoins en énergie électrique des Français, ensuite la production d'électricité en France, pour enfin nous intéresser au coût du nucléaire.

3.1 Besoins en énergie électrique


Le secteur résidentiel et tertiaire sont les plus fidèles consommateurs d'électricité et en même temps les plus demandeurs.

3.1.1 Utilisation domestique

Entre 1955 et 1997, la consommation d'électricité a été multipliée par dix-huit pour la basse tension (usage domestique). La consommation d'énergie électrique est très irrégulière suivant les différentes périodes de l'année. Différents facteurs interviennent comme les saisons. En effet, du fait que les jours diminuent en hiver, la consommation augmente. Lorsque la température passe au-dessous de zéro, chaque degré en moins représente une augmentation de la consommation électrique de mille MW soit près de la production totale d'un réacteur nucléaire.

D'autre part, le matin vers six, sept heures et aux heures des repas la demande est plus forte, surtout les mois d'hiver. D'autres facteurs contribuent à l'augmentation de la consommation d'énergie électrique. Effectivement, elle varie selon les appareils utilisés pendant la journée. Les appareils d'entretien comme le lave-linge et le lave-vaisselle consomment beaucoup (entre 2000 et 3000 watts) et leur durée d'utilisation est très élevée (entre 1h30 et 2h30).

La cuisinière (plaques et four électriques) consomme aussi beaucoup (2500 watts) et elle est utilisée tous les jours pendant une 1h30 environ.

Les appareils de chauffage font aussi partie des appareils qui consomment le plus comme le radiateur électrique d'appoint qui consomme de 1200 à 2000 watts pendant une durée comprise entre 3h00 et 5h00 par jour.

3.1.2 Utilisation industrielle

De 1955 à 1997, la consommation intérieure d'électricité a été multipliée seulement par six pour la haute tension. Les hautes tensions sont utilisées pour un usage industriel et dans certains secteurs du tertiaire comprenant les transports et télécommunications, les commerces, les services marchands et non marchands.

Effectivement, cette idée est mise en valeur lorsqu'on compare la consommation d'électricité des industries en 1997/98 et en 1998/99. Ainsi, l'industrie et la sidérurgie passent de 27,9 TWH à 28,8 TWH ; les transports et l'agriculture restent à 2,7 TWH sur la même période et le tertiaire passe de 47,9 TWH à 48,8 TWH entre 1997 et 1999.

3.2 La production d'électricité en France

3.2.1 Rappel historique

En 1970, une tonne de pétrole brut importée coûte environ 70 francs. En 1973, le prix du pétrole augmente brutalement et atteint 350 francs la tonne. La facture pétrolière de la France passe ainsi de 15 milliards de francs en 1972 ( 1,6 % du PIB* ), à 52 milliards en 1974 (4 % du PIB ). Elle atteindra 162 milliards (6 % du PIB ) en 1981, après le second choc pétrolier : la tonne de pétrole est alors à près de 1000 francs.

Alors dès 1974, une nouvelle politique énergétique est mise en place. L'objectif est double : satisfaire les besoins en énergie du pays au moindre coût et assurer la sécurité de son approvisionnement grâce à une indépendance énergétique. C'est pourquoi en 1974, le programme électronucléaire est né.

3.2.2 La dépendance énergétique

De là, le taux d'indépendance énergétique est passé de 23 % en 1974 à plus de 50 % en 1995.

 

 Source EDF

Donc le volume des importations du pétrole a diminué régulièrement au fur et à mesure du remplacement des installations au fuel par des centrales nucléaires. En 1995, la production d'électricité d'origine nucléaire a évité l'importation de 84 millions de tonnes équivalent pétrole (MTEP) de combustibles fossiles comme le charbon, le gaz ou le pétrole soit une économie d'environ 40 milliards de francs par an.

La réduction de la dépendance énergétique à l'égard du pétrole, d'un tiers en 20 ans, est moindre que ne le laisserait augurer la multiplication par cinq dans la même période de la consommation d'électricité. Elle s'explique par le recul de l'usage du charbon en grande partie lié à la réduction de la production nationale de houille, qui passe de 26 millions de tonnes en 1973 à 9 millions de tonnes en 1993. Mais cela provient surtout de croissance de consommation globale d'énergie qui de 1973 à 1994 a progressé de 25 %.

Dans la production nationale d'énergie, l'électricité représente aujourd'hui 86 %. Les centrales nucléaires assurent les 3/4 (75 %) de la production nationale d'électricité primaire et la moitié de l'électricité produite dans l'union européenne. En 1986, le nucléaire n'avait qu'une petite place dans la production d'électricité dans le monde (16 % contre 63,7 % pour l'électricité d'origine thermique classique). Cependant en France à cette même époque le nucléaire représentait déjà 70 % de la production d'électricité.

Au fil des années, la part du nucléaire dans la production d'électricité n'a cessé d'augmenter.

L'énergie nucléaire couvrait moins de 20 % des énergies primaires en 1978. Elle représente aujourd'hui les 3/4. Les énergies d'origine thermique classiques et hydrauliques, respectivement près de 55 % et 40 % de la production d'électricité avant le choc pétrolier représentent aujourd'hui un complément non négligeable du nucléaire.

De même en 10 ans, la facture énergétique de la France a été divisée par trois : elle s'élevait à plus de 180 milliards en 1985 et à 58,9 milliards en 1995. En 1995, la facture énergétique a représenté 0,93 % du PIB marchand. En 1981, lors du second choc pétrolier, cette facture montait à 6,11 % du PIB marchand.



Source EDF

 

 Par sa capacité totale de production nucléaire, la France se situe au deuxième rang mondial, derrière les Etats-Unis. Par la place du nucléaire dans la production d'électricité, elle occupe le premier rang.

 

3.2.3 Emplois

On estimait en 1990 que l'ensemble de l'industrie nucléaire française employait l'équivalent à plein temps de 300 000 personnes dont la moitié pour la construction des centrales. Dans les usines des constructeurs, une partie du personnel est impliquée à plein temps par les activités nucléaires et une autre à temps partiel. Pour l'exploitation des centrales, le service de la production thermique d'EDF comprend 17 000 personnes et l'ensemble des activités de recherche en matière de sûreté, de technologie (nouvelles filières) et de réduction des coûts, environ 13 000 personnes.

Enfin, l'implantation d'une centrale nucléaire constitue une source d'emplois et de revenus importante pour les collectivités locales concernées pendant la période de construction (l0 à 20 ans) le chantier accueille environ 4 000 personnes dont la moitié appartient aux entreprises régionales et locales. Les travaux qui sont confiés à ces entreprises représentent environ 10% du coût de la centrale soit de 1 à 1,5 milliards de francs pour 2 tranches de 1 300 MW. Après la mise en service de la centrale, les effectifs décroissent et une procédure spéciale, " l'après chantier ", est mise en place pour faciliter leur reconversion.


 3.3 Le coût du nucléaire

3.3.1 Le prix du KWh

En 1997, le ministère de l'Industrie publiait sa dernière estimation des coûts de production du kWh pour chacune des énergies. A la grande surprise de tous, le coût du nucléaire a fortement baissé son kWh revient en moyenne à 21 centimes contre 19 à 28 pour le gaz naturel et 22 à 26 pour les chaudières à charbon. En outre, le tarif du nucléaire a été calculé pour la construction de 10 tranches de 1400 MW alors que celui de ses rivaux tient pour une seule centrale de moins de 650 MW. Pourtant, la compétitivité du gaz peut être très rapidement remise en question par une crise mondiale ou, tout simplement par la création de cette fameuse écotaxe sur le C02 dont on parle beaucoup. Rappelons que le nucléaire, en grande partie insensible à ces aléas, fut pour cette raison l'instrument emblématique de la France gaullienne.

 3.3.2 Comment le calcule-t-on ?

Trois paramètres sont pris en compte pour le calcul des coûts de production du kWh thermique en fonction de l'installation utilisée : les coûts d'investissement, les coûts d'exploitation et les coûts de combustible.

En effet, contrairement au coût de l'énergie produite par des combustibles fossiles, celui de l'énergie nucléaire est peu affecté par le prix de la matière première énergétique, l'uranium. Cette matière n'intervient que pour 5 % dans le coût du kWh. En revanche, les centrales nucléaires mettent en jeu une technologie complexe et nécessitent des dépenses d'investissements plus élevées que celles d'une centrale thermique classique. C'est d'ailleurs le point faible du nucléaire. Selon le ministère de l'Industrie, le coût d'un réacteur de 1400 MW est de 15,4 milliards de francs contre 4,3 pour une centrale au gaz de même puissance et 9 pour une centrale au charbon.

Les frais d'exploitation sont peu différents que ce soit pour le nucléaire ou pour les autres énergies. De surcroît, l'énergie nucléaire n'est vraiment économique que si elle est produite dans de grandes centrales dont la puissance est dans la gamme des 600 à 1500 MW et qui fonctionnent 3000 heures par an. Le prix du kWh peut alors s'avérer inférieur d'une dizaine de centimes à celui obtenu en centrale thermique au charbon et jusqu'à deux fois moins cher qu'en cycle combiné gaz naturel. Au-dessous de 300 MW, le prix de revient de l'électricité produite est rarement compétitif ; or les pays en développement n'ont pas l'usage de grandes centrales et n'ont souvent pas de réseaux électriques de dimension suffisante pour écouler la production, ce qui explique pourquoi le nucléaire est surtout développé dans les pays industrialisés.

L'effet de taille joue un rôle encore plus important dans l'économie des usines de séparation isotopique (pour enrichir l'uranium) et dans celle des usines de retraitement qui sont parfois construites à l'échelle internationale. Par exemple, dans ces deux domaines, la France, avec les usines respectivement du Tricastin et de la Hague dispose d'équipements qui non seulement satisfont aux besoins nationaux, mais permettent de répondre à des demandes de pays étrangers. Si on ajoute l'exportation des centrales nucléaires et la vente, plus récente, d'électricité aux pays voisins (environ 15 % de la production française en 1992), l'industrie nucléaire française est une industrie largement exportatrice.

 

Au terme de cette étude, il est important de mettre en évidence le puissant rôle du nucléaire dans l'économie : tout d'abord dans les différents et nombreux secteurs de l'industrie française qu'il dynamise, ensuite dans les relations de la France avec le monde grâce à l'existence d'usines comme celle de la Hague ou du Tricastin et grâce aux exportations vers des pays étrangers.

Le nucléaire représente donc un atout pour l'économie. Il paraît, en effet, évident que le retrait du nucléaire en France, même progressif, aurait de graves conséquences sur l'économie du pays.

Cependant en observant le choix énergétique d'autres pays, il serait intéressant de s'interroger. Quels choix ferons-nous, notre choix ne doit-il être qu'économique ?

 

 

4. L'ELECTRICITE DEMAIN

Avec l’arrivée du nucléaire, nous faisons face à une situation paradoxale. C’est dans l’Antiquité que l’on trouve les premières traces de l’utilisation des énergies nouvelles, certaines même jouant un rôle d’énergie dominante avant le XIXe siècle.

Devant ces faits, se pose alors une question : Pourquoi et comment a-t-on abandonné l’exploitation des énergies nouvelles ? Et surtout : Quelle sera notre énergie demain ?

4.1 Quelle évolution a suivi le nucléaire ?

4.1.1 Le nucléaire hier

Suite aux nombreuses découvertes de scientifiques tels que Becquerel, Curie, Rutherford, Bohr..., la première électricité d’origine nucléaire a pu être produite aux Etats-Unis en 1951. En France, c’est le premier choc pétrolier (1973) qui entraîne le développement de l’électricité nucléaire puisqu’un programme civil est en cours, mais ce n’est qu’en 1977, que la France entre réellement dans le nucléaire, notamment par l’ouverture de la centrale de Fessenheim.

Mais pourquoi avoir choisi d’utiliser l’électronucléaire plutôt qu’une autre électricité ?

L’énergie nucléaire présente de très nombreux atouts puisqu’elle crée des emplois, utilise peu de matière première et une partie de cette énergie peut être retraitée.

Cependant, l’énergie nucléaire reste encore peu utilisée, la production mondiale en 1980 était de 2,5 %. Mais la part du nucléaire augmente régulièrement en France.

4.1.2 Le nucléaire aujourd’hui

De nos jours, l’électricité occupe une place très importante en France aussi bien économiquement que socialement. La France apparaît même de plus en plus dépendante de cette énergie, occupant même la première place dans le monde pour sa consommation et sa production d’électricité nucléaire puisqu’elle produit 80 % de son électricité, comme en attestent les données ci dessous :

La place du nucléaire en France au cours des 20 dernières années.

Années 1980 1982 1984 1986 1990 1999
Part de l’électronucléaire en % 23,5 38,7 58,7 69,8 76 80

Les centrales françaises se multiplient et atteignent aujourd’hui le nombre de 17 centrales pour 57 réacteurs. De plus l’électricité nucléaire est favorable à la France car elle emploie environ 20000 salariés et produit un kilowatt à un prix imbattable : 0,21 F ce qui est bien moins cher que les centrales thermiques ou hydroélectriques.

Cependant, suite à quelques accidents, notamment avec Tchernobyl et Three Miles Island, le nucléaire est beaucoup remis en question aujourd’hui, car il présenterait un danger pour l’humanité.

 4.1.3 Pourquoi passer à une autre énergie ?

Certes l’énergie nucléaire présente de nombreux atouts, mais l’utilisation abusive de cette énergie comporte également des inconvénients sur lesquels il est bon de se pencher, comme le fait actuellement le gouvernement français qui s’interroge sur son avenir énergétique. Les risques d’accidents notamment apparaissent comme l’une des questions qui remet en cause la production d’électricité nucléaire. De même, les éléments radioactifs agissent également sur l’écologie, c’est pourquoi les français se posent de plus en plus souvent la question si l’électricité nucléaire doit être arrêté, ou tout du moins utiliser d’autres énergies alternatives comme les énergies renouvelables. Mais si l’énergie nucléaire doit être remplacée par une autre énergie, comment le faire ? D’autant plus que l’on ne peut pas stopper d’un seul coup la production de cette énergie car le fonctionnement de l'industrie française en est trop dépendante.

 4.2 Comment produire de l’électricité sans nucléaire ?

4.2.1 L’arrêt des centrales

Les réacteurs français ont été conçus pour fonctionner pendant 25 ans, mais selon les autorités de sûreté, ils pourront tenir 15 ans de plus. A condition, comme pour l’entretien d’une voiture, de changer les organes défaillants. Du coup, nous voilà reportés à 2017, année où le plus vieux réacteur français atteindra la quarantaine. D’ici là, toute décision de stopper les centrales ne rimerait à rien car à l’arrêt comme en marche, un réacteur reste toujours délicat à maîtriser. Et son démantèlement prend des années...

 4.2.2 La substitution par d’autres sources

Bien sûr, qui dit arrêt des centrales dit arrêt de la production.

Mais pour combler ce vide, la France dispose de nombreux atouts naturels, explications.

Le charbon : Les réserves mondiales de charbon sont d’environ 640 milliards de tonnes, de quoi assurer pendant 150 ans la totalité de la consommation mondiale d’énergie rien qu’en utilisant le charbon. Et les ressources qui pourraient devenir exploitables un jour sont 15 à 30 fois plus importantes. En France, les réserves connues sont d’environ 800 millions de tonnes. Mais il faut ajouter à cela, un grand gisement dont l’exploitation a été stoppée : le gisement du Bas-Dauphiné qui contient 5 milliards de tonnes. En utilisant chaque année plus de charbon qu’aujourd’hui, cela représenterait plus de 2 siècles de consommation.

Enfin, les Terrils du Nord (ces énormes tas de " charbon pauvre " accumulé à une époque où les chaudières ne pouvaient brûler que du charbon riche) constituent des réserves de combustible très faciles à exploiter : à eux seuls, ils pourraient chauffer 6 millions de citadins pendant 20 ans.

Mais les énergies fossiles ont l'inconvénient d'être épuisables, de plus la combustion du charbon produit du CO2 qui augmente l'effet de serre.

Le gaz : La production de gaz naturel satisfait aujourd’hui 22 % des besoins énergétiques mondiaux. Sa part est en croissance régulière, quoique ralentie. De plus le gaz pourrait remplacer le nucléaire d’ici à 20 ans.

La cogénération : C’est en fait une production en un seul site à la fois d’électricité et de chaleur à partir du gaz.

L’énergie solaire : Provenant du soleil, elle est à la base de presque toutes les formes d’énergie actuellement disponible sur la Terre. On distingue le solaire thermique qui sert à la production d'eau chaude et le photovoltaïque où la lumière captée est transformée directement en énergie électrique. Cette énergie progresse très lentement en France, mais le photovoltaïque se développe quand même, notamment dans les sites isolés, privés d’alimentation EDF. L’avenir du photovoltaïque va essentiellement se jouer dans les pays du Tiers-monde.

L’énergie éolienne : Elle dérive également de l’énergie solaire. Les contrastes thermiques que produit le soleil dans l’atmosphère engendrent les mouvements des masses d’air qui tendent à rétablir l’équilibre tant à l’échelle mondiale que régionale ou locale.

L’énergie géothermique : Elle résulte, pour l’essentiel de l’échauffement des matériaux terrestres soumis en profondeur, à la radioactivité naturelle des réactions nucléaires au centre de la Terre.

L’électricité hydraulique : En 1977, l’électricité fabriqué à partir des eaux courantes (barrages…) représentait un bon tiers de la consommation française. Maintenant, cette part a baissé. En France, le hic pour cette énergie c’est que la plupart des sites ont été utilisés.

La biomasse : bois, biogaz, résidus de récolte.

4.2.3 Les économies d’énergie

Les gaspillages sont nombreux et importants

Nous pouvons économiser sans nous priver et l’industrie peut produire beaucoup plus de choses sans consommer plus d’énergie.

L’électricité est indispensable pour l’éclairage, la traction électrique, l’électrochimique, l’électrométallurgie, le cinéma, la télévision, la musique. Par contre, l’électricité n’est nécessaire pour se chauffer, c’est une atteinte à l’économie nationale qui nous coûte des milliards jetés dans les fleuves ou la mer.

Récupérer et recycler les matières premières

Une famille jette en moyenne 250 bouteilles de verre par an et 160 kg de papier soit l’équivalent en énergie de 225 litres de pétrole.

En organisant la récupération systématique, l’industrie pourrait économiser des quantités considérables d’énergie, en particulier d’électricité. Par exemple, si l’on récupère l’aluminium jeté pour en faire de nouveaux objets, cela dépense 8 fois moins d’énergie que leur fabrication à partir du minerai.

Mieux organiser les transports

Transports collectifs au lieu de voitures particulières pour se rendre au travail, transports fluviaux et ferroviaires au lieu de transports routiers sur longues distances…

Fabriquer des objets solides et rentables

Jeter systématiquement, comme on nous y oblige, objets d’emballages, revient à jeter à la poubelle des matières premières et l’énergie à l’état pur.

C’est dans l’industrie que les gaspillages et donc les économies sont les plus importantes.

Nous pouvons conserver le même niveau de vie et de confort en utilisant moitié moins d’énergie si l’industrie se décide à fabriquer des objets solides et économes à la place des "camelotes"...

En mettant sur pied un plan intensif d’économie d’énergie, on pourrait gagner autant d’énergie que l’actuel programme nucléaire, tout en créant plusieurs centaines de milliers d’emplois.

 4.3 Le cas de la Suède : le choix des citoyens suédois

En 1978, survint un grave accident à Three Miles Island, aux USA. Cet accident décidera 2 ans plus tard plus de 58 % de la population suédoise à refuser toute expansion du nucléaire, au-delà du programme en cours. La décision de se limiter aux douze réacteurs en service ou en construction fut alors prise, ainsi que la limitation de leur exploitation à 25 ans.

Mais ce n’est qu’en février 1997 que les dates de fermeture des deux réacteurs de la centrale de Barseback ont été fixées. Stockholm franchit donc ainsi un pas décisif vers la sortie du nucléaire qui pourrait être achevé d’ici 2010, date butoir fixée par le Parlement suédois après le référendum tenu en 1980.

Le programme d’action qui fût décidé par le gouvernement à l’occasion de l’annonce de la fermeture de Barseback va très largement au-delà de simples opérations de substitution de sources d’énergie permettant de conserver les mêmes capacités de production. Les mesures visent en effet à "diminuer la consommation d’électricité pour les besoins de chauffage", à "utiliser le système électrique existant de façon plus efficace" et à "accroître l’approvisionnement en électricité et en chaleur provenant de sources d’énergie renouvelables".

Mais en Suède, il est impossible de se passer du nucléaire sans remettre en cause le chauffage électrique.

Les principales mesures annoncées concernent donc les systèmes de chauffage. Sur 5 ans, 1650 millions de couronnes seront débloquées pour développer la reconversion des ménages au chauffage urbain (réseau de chaleur) et économiser ainsi environ 1,5 TWh de consommation d’électricité. La capacité de reconversion a été estimée à 12 TWh de chauffage électrique, auxquelles s’ajoutent environ 24 TWh de chauffage au mazout et autres. La cogénération fût fortement encouragée, et 450 millions de couronnes seront dégagées pour l’utilisation de la biomasse. Ainsi en 5 ans, il y aurait 0,75 TWh d’électricité disponible. De plus, dans le même temps, 0,5 TWh par an viendrait du programme éolien, et 0,25 TWh des centrales micro hydrauliques.

On peut cependant supposer que l’abandon de la totalité des réacteurs devrait être compensé par un surcroît de production des centrales utilisant le charbon (avec leurs émissions de CO2) ou par des importations d’électricité.

Vingt ans après l’accident de Three Miles Island et dix-huit après le référendum, la relève énergétique de la Suède semble enfin assuré d’un proche avenir, vierge de toute réaction nucléaire. L’électricité suédoise demain ne sera pas nucléaire.

Très récemment le gouvernement allemand avait décidé de stopper subitement la production d’électricité d’origine nucléaire. Mais les Allemands se sont aperçus de l’impossibilité à réaliser cette décision dans l’immédiat sur le plan économique et surtout énergétique. En France, où la production d’électricité est à 80 % d’origine nucléaire, il est impensable que demain ça s’arrête, même si à partir de 2005-2010, il faudra trouver un successeur à l’atome. En effet, le parc nucléaire vieillissant, de nouveaux choix énergétiques pourront être faits. Peut-être que les énergies renouvelables apparaîtront enfin digne de confiance, ou du moins autant que l’est l’atome, d’autant plus que la commission européenne envisage de doubler d’ici à 2010 le pourcentage de l’utilisation d’énergie renouvelable qui est actuellement de 6 %.

 

5. ATOUTS ET RISQUES DU NUCLEAIRE

Le nucléaire, thème très controversé actuellement en France, est surtout connu pour ses capacités à produire de l'électricité et plus récemment pour les dangers qu'il entraîne, mais ses utilisations bénéfiques dans d'autres domaines restent totalement mystérieuses pour la population.

Nous tenterons donc d'éclairer le sujet un peu plus en analysant tout d'abord les atouts dans les domaines médicaux, agro-alimentaires, industriels et culturels pour ensuite nous intéresser aux risques qui en découlent pour le personnel d'une centrale, pour l'environnement et pour l'être humain en général.

 5.1 Les atouts du nucléaire

Le nucléaire est à l'origine du progrès dans la médecine, l'agro-alimentaire, l'industrie et l'archéologie

5.1.1 Le domaine médical

30 000 personnes par an sont guéries du cancer grâce au nucléaire. En effet, en maîtrisant l'énergie des atomes, la médecine nucléaire permet de diagnostiquer une maladie, mais aussi de la soigner.

Un examen débute par l'injection de produits radioactifs. C'est le radiodiagnostic. Cela permet donc d'explorer le corps humain et de dépister certaines maladies. Le principe consiste à injecter dans l'organisme certains radioéléments, molécules marquées, comme le technétium 99m, l'iode 123 ou encore le thallium 201. Ces éléments sont présents dans les produits radiopharmaceutiques qui permettent de suivre le devenir de ces molécules dans l'organisme, en fait le produit pharmaceutique est la clé principale de l'exploration fonctionnelle. Telle molécule permet de voir l'activité du cœur, telle autre celle des poumons ou du cerveau. Nous pouvons donc observer leurs parcours et leurs comportements grâce à une gamma-caméra qui détecte la radioactivité qu'ils émettent (rayonnement gamma) à l'intérieur du corps humain. La médecine utilise donc la radioactivité pour soigner. L'image ainsi obtenue par cette caméra est la scintigraphie. Il existe aussi deux autres imageries médicales, tout d'abord la radiographie qui est l'impression des rayons X, et ensuite l'échographie qui utilise des ultrasons. La radiographie permet principalement de connaître l'anatomie du malade et l'échographie permet de voir directement l'organisme comme une vidéo.

La radiothérapie exploite l'énergie des rayonnements pour détruire les cellules cancéreuses. Ces rayonnements peuvent être appliqués de l'extérieur par radiothérapie transcutanée, procédé qui consiste à irradier le patient par les rayons gamma ou de l'intérieur par endo-curiethérapie, cette technique repose sur l'injection d'un produit radiopharmaceutique qui agit au niveau de la cible. Par exemple, l'iode 131, radio-isotope le plus connu, permet de soigner des hyperthyroïdies ou les cancers de la thyroïde (glande indispensable au bon fonctionnement de l'organisme) en émettant des électrons qui provoquent la mort des cellules malades. Avec le phosphore 32, par voie orale, on soigne certains cancers du sang, entraînant une prolifération des globules rouges. Ce médicament ralentit le phénomène.
Nous pouvons guérir également avec la téléthérapie (rayons X) qui consiste à irradier le malade aux rayons X.

Bien sûr, pour soigner par radioactivité, il ne faut pas qu'il y ait le moindre risque. Les médecins prennent de grandes précautions. Tout d'abord, le malade ne rentre chez lui que lorsque sa radioactivité est redevenue normale. Ensuite, le personnel soignant doit être protégé et ne pas risquer de contaminer d'autres malades. Et pour finir, même si nous n'utilisons que des éléments radioactifs à vie courte, l'hôpital doit faire très attention aux déchets radioactifs car ils restent très dangereux malgré tout.

 

Exemples de niveaux d'irradiation par personne

Irradiation moyenne due aux centrales nucléaires en France

0,01 mSv

Irradiation entraînée par un vol Paris - New York

0,02 mSv

Irradiation entraînée par une radiographie des poumons

0,3 mSv

Irradiation due à la radioactivité naturelle en France

1 à 2 mSv

Irradiation globale (naturelle et artificielle) de la population française

2 à 3 mSv

Source : Cogema

 

C'est vrai qu'on ne peut dénier l'efficacité de la radioactivité dans le diagnostic et la thérapie de certaines maladies, telle que le cancer de la thyroïde sans oublier que les coûts freinent cette médecine. La sécurité sociale ne devrait-elle pas rembourser ces examens coûteux ? Finalement, il réside un certain paradoxe. En effet le nucléaire peut être parfois très dangereux, alors comment peut-il aussi soigner ? Le nucléaire provoque et guérit donc les cancers ! Jusqu'à quand va durer ce cercle vicieux ?
Répartition en France des différentes sources d'exposition, graphique réalisé d'après les données Cogema

L'irradiation médicale constitue la source d'exposition à la radioactivité artificielle la plus importante du fait du développement de la radiothérapie, de la médecine nucléaire et des cures thermales.

5.1.2 Le domaine agro-alimentaire

L'ionisation des produits agro-alimentaires (pommes de terre, oignons, fraises) par des rayons gamma, des faisceaux d'électrons ou des rayons X, permet d'obtenir de meilleures conditions de conservation : arrêt de la germination, destruction des parasites et des micro-organismes. Cette technique d'utilisation courante dans de nombreux pays dont la France, ne rend pas le produit radioactif et n'altère pas sa qualité nutritive.
L'amélioration des cultures est possible par radiomutagénèse. L'exposition de plantes (blé, orge, riz...) aux rayons gamma provoque la mutation de certains de leurs gènes. On sélectionne ensuite les souches les plus résistantes aux maladies ou aux intempéries ou encore celles qui sont adaptées à un sol défavorable.
Des traitements irradiants ont été mis au point pour stériliser certains types d'insectes mâles (mouche tsé-tsé...) afin de protéger les hommes et les cultures ; la population des insectes nuisibles diminue ainsi progressivement par radiostérilisation, sans utilisation d'insecticides.

 5.1.3 Le domaine culturel

Les éléments de très grande période radioactive sont utilisés pour la datation. L'uranium 238 et le potassium 40 ont été exploités pour estimer l'âge de la Terre et les périodes géologiques. Le carbone 14 est utilisé pour dater les restes de végétaux, ossements, peintures rupestres. Pour la restauration, la conservation du patrimoine a recours à des traitements par irradiation aux rayons gamma qui éliminent les insectes, les champignons ou les bactéries responsables de grandes dégradations (la momie de Ramsès II a bénéficié de ce traitement en 1976). Une œuvre peut également être restaurée par l'imprégnation d'une résine, durcie sous l'effet des radioéléments.

 5.1.4 Le domaine industriel

Parlons maintenant de l'utilisation de la radioactivité dans le domaine industriel. Notons tout d'abord que la radioactivité est utilisée dans la production d'électricité, en effet aujourd'hui 17 % de l'électricité mondiale est produite par les centrales nucléaires. En France, près de 80 % de l'électricité est d'origine nucléaire, puisque les coûts du nucléaire sont nettement inférieurs aux autres énergies.

Mais il existe aussi d'autres techniques qui s'appuient sur l'utilisation des produits radioactifs dans l'industrie. Premièrement, la radiographie industrielle sert à radiographier des pièces métalliques et à vérifier des soudures. Cette gammagraphie est largement utilisée en métallurgie ou en aéronautique. Ensuite, les jauges à radio-isotopes permettent de jauger le niveau d'un liquide ou de contrôler l'épaisseur, la densité ou l'homogénéité d'un matériau.

Nous pouvons également faire référence aux détecteurs à ionisation qui permettent de mettre en évidence la présence de différents gaz dans l'air ambiant. Leur utilisation est multiple (détecteurs d'incendie, dosage du grisou dans les mines). L'irradiation industrielle permet d'élaborer des matériaux plus résistants et plus légers. Ses applications sont nombreuses en médecine et dans l'industrie (prothèses plus légères, câbles électriques plus résistants).

Et pour finir, il y a les traceurs industriels qui servent à détecter les fuites de liquide ou de gaz dans les canalisations enterrées ou inaccessibles grâce à la propriété qu'ont les radioéléments d'être détectés d'une façon entièrement précise. Ils permettent aussi d'étudier les parcours souterrains de l'eau ou des polluants éventuels et de suivre les mouvements des sables et des vases lors de l'étude des ports et des estuaires. Nous remarquons donc que le nucléaire aide beaucoup aussi les progrès dans l'industrie.

Tous ces atouts défendus par les scientifiques peuvent être controversés par les écologistes qui s'inquiètent des répercussions sur l'environnement, c'est-à-dire une menace de destruction civile et naturelle massive.

 5.2 Les risques qu'engendre le nucléaire

5.2.1 La pollution causée par les déchets

Pendant la première partie de l'aventure nucléaire, la gestion des déchets a été considérée comme marginale. Pendant une seconde période, elle fut jugée sérieuse mais soluble. Elle est aujourd'hui perçue comme très sérieuse et très difficile à résoudre. A la question "Comment s'en débarrasser ?", chaque pays ou presque a une position différente de celle de son voisin. L'un retraite, l'autre pas ; certains font retraiter ailleurs, d'autres ont renoncé à tout retraitement. En France, comme on ne peut plus nier les problèmes des déchets, les producteurs ont trouvé une solution : les enterrer pour qu'ils disparaissent de notre vue. Les scientifiques depuis bon nombre d'années étaient totalement ignorants du devenir des résidus et ne savaient pas comment les déchets et les emballages allaient évoluer dans le temps ou si la population allait être exposée à de graves dangers. Maintenant, la France est attentive à cette question comme on peut le voir dans l'actualité.

A Cherbourg, le juge d'instruction a mis en examen en tant que personne morale la société COGEMA. Une plainte avait été déposée à l'automne 1997 par le conseiller régional Vert Didier Angers pour mise en danger d'autrui. En effet, le système ne respecte pas la loi de 1991, obligeant tout combustible nucléaire étranger retraité à la Hague d'être réexpédié dans son pays et non pas stocké sur site comme c'est encore le cas aujourd'hui. L'entreprise COGEMA se dit surprise du motif de la mise en examen. Elle s'étonne d'une décision qui concerne des activités "régulièrement autorisées et contrôlées par les pouvoirs publics et alors qu'aucun risque de mort ou de blessure n'a été constaté. La COGEMA conteste "formellement" le fait qu'on lui reproche de "n'avoir pas respecté la loi du 30 décembre 1991 sur le retour des déchets".

Pour connaître la situation, il serait intéressant de s'approcher des déchets et de mieux les connaître. Il en existe 4 catégories.

• Les déchets très faiblement radioactifs (bétons, briques, terres), contaminés après avoir séjourné à proximité des sites nucléaires. Ces déchets sont souvent déposés n'importe où, car ils sont jugés non dangereux. De temps en temps, on les découvre dans des décharges classiques.

• Les déchets de catégorie A "à vie courte" qui comportent des radioéléments qui décroissent en moins de 300 ans. Le vrai problème avec ces déchets : leur réglementation. En effet, un fût sur 3000 est contrôlé par le CEA ! Compacts, ces déchets sont placés dans des fûts métalliques, puis scellés dans des conteneurs en béton stockés en surface, recouverts de terre.

• Les déchets B sont faiblement radioactifs, mais contiennent des radioéléments qui resteront actifs des milliers d'années. Ces déchets proviennent de l'entretien des ateliers d'usines de retraitement.

• Les déchets C contiennent des éléments très radioactifs à période courte. En France, le retraitement permet d'extraire l'uranium, le plutonium et les produits de fission. A l'exception du plutonium qui n'est pas encore un déchet, le reste est mélangé à de la fritte en fusion et empilé dans des puits ventilés avant de refroidir dans les usines de la Hague.

• D'autres déchets "oubliés" ne font partie d'aucune catégorie. Les déchets miniers par exemple.

Les déchets sont donc le talon d'Achille des centrales nucléaires. Une solution sera-t-elle trouvée avant que l'environnement et les hommes en subissent les conséquences. Le vote du Parlement en 2 006 changera peut-être la situation…

5.2.2 Les incidents à l'intérieur de la centrale

Lorsqu'on évoque les risques d'incidents à l'intérieur de la centrale, le facteur le plus récurrent est celui dû à des erreurs humaines (confusions, pertes d'objets, troubles du comportement ou alors des actes volontaires tels que des gestes de malveillance, des sabotages et des travaux bâclés).

Ainsi, en 1996, les centrales nucléaires françaises ont additionné 488 incidents significatifs soit 29 % de plus que l'année précédente. Le plus inquiétant encore est que la part des incidents dus à une erreur humaine s'amplifie d'année en année ; elle est passée de 49 % en 1993 à 75 % en 1996 ! Au banc des accusés : le recours à des entreprises de sous-traitance. L'examen des constats issus des inspections et des comptes rendus d'incidents fait apparaître des anomalies relatives au facteur humain qui se révèlent importantes pour la sûreté.

Voici quelques exemples significatifs des incidents tirés de différentes revues parues en 1997 et 1998.
Sabotages : en octobre 1993 dans une centrale de Cruras, en Ardèche, un goujon de robinetterie de 10 cm de long est déposé dans la boîte à eau du générateur de vapeur. Une rupture des tubes aurait eu pour conséquence la perte du confinement de l'enceinte et le rejet de radioactivité à l'extérieur. En hiver 1995, à la centrale du Blayais (Gironde), du chlorure de sodium est déversé dans le circuit secondaire alors que le réacteur fonctionne à pleine puissance. Le système d'alarme se déclenche à temps.

Travail bâclé : Au cours de l'année 1996, les vannes d'isolement de sept centrales ont été trouvées ouvertes. Ce sont des vannes qui garantissaient l'étanchéité de l'enceinte de confinement destinée à retenir la radioactivité en cas d'incident. Le 17 juillet 1996, à Fessenheim (Haut-Rhin), découverte juste avant le redémarrage du réacteur d'un mètre de carré de vinyle oublié par un prestataire de service, qui obstruait le circuit d'injection de sécurité. En cas de brèche dans le circuit primaire, il aurait été impossible de réinjecter de l'eau pour refroidir le réacteur.

Confusions, pertes d'objets : Le 31 juillet 1994, à la centrale du Tricastin, une visseuse de 20 kilos tombe dans la piscine de stockage de combustible. La peau de la piscine est percée : 1000 litres d'eau contaminée (l 4 millions de becquerels / mètre cube) se répandent dans le bâtiment du réacteur. Des plongeurs de la Comex sont intervenus pour réaliser la soudure. En octobre 1996, le même accident s'est reproduit.

Troubles du comportement : D'après l'enquête de psychopathologie du travail réalisée en 1991 par le Conservatoire National des Arts et Métiers.
Extrait : "Certains agents font des crises sur le site, les larmes, les effondrements en pleurs ne sont pas exceptionnels. D'autres agents ont des comportements qui intriguent : crises de tremblement incoercibles, tics ou stéréotypes, motrices incontrôlables. Il y a aussi ceux qui souffrent de troubles d'humeur et ne sont plus capables de se maîtriser". Dans une étude intitulée Facteurs humains, l'Organisation des arrêts ou tranche a épinglé une série de dysfonctionnements observés en 1992 et 1993 à Gravellines : "les observations montrent que des limites sont atteintes au niveau physiologique ou psychologique et entrent en concurrence avec les exigences de qualité.

Les centrales françaises "vieillissent". La sûreté se dégrade : nombreux sont les incidents qui surviennent dans les centrales. Ces accidents mettent au cœur du danger tous les nomades de l'atome (chaudronniers, plombiers, mécaniciens, électriciens...) qui courent de mars à octobre d "'arrêt de tranche" en "arrêt de tranche". Le résultat, c'est que l'on impose à ces intermittents des conditions de travail qui mettent à mal la sûreté. En fait, tous ces incidents viennent de l'erreur humaine. EDF cherche à avoir un rendement très haut : c'est une véritable course au rendement qui amène un "travail bâclé". De plus, de nombreuses leucémies et de nombreux cancers ne sont pas déclarés, les centrales ne complètent pas les suivis médicaux de leurs employés.


5.2.3 Les dangers pour l'être humain

Les risques pour l'être humain sont en effet très importants. Nous pouvons citer deux exemples qui sont parus dans la presse nationale.

Un homme a travaillé durant un an, de juin 1996 à juillet 1997 sur les sous-marins nucléaires de l'île Longue. Cet électricien installait des éclairages provisoires nécessaires aux ouvriers. Il a affirmé être victime d'une leucémie "causée par l'irradiation". Il cite également le manque de règlement dans cette entreprise puisqu'une "absence de visite médicale" s'est fait ressentir.

Une mère témoigne également que son fils est mort l'an passé d'une leucémie à l'âge de 32 ans. A l'hôpital, ils ont reconnu que c'était à cause des radiations. Mais la tragédie ne s'est pas arrêtée là, car son mari qui travaillait également dans le nucléaire, est mort d'un cancer en 1987.

Hélène Crié, journaliste à Libération et spécialiste des questions d'environnement, qui a écrit un livre sur le nucléaire en collaboration avec Michèle Rivasi, agrégée de biologie parle de ce sujet d'actualité. Un éminent professeur, Mr Viel a défrayé la chronique en mettant en évidence un risque de leucémie chez les jeunes de moins de 25 ans près de trois fois supérieur à la moyenne nationale, dans un périmètre de 10 kilomètres autour de l'usine de la Hague. Son opinion est-elle cohérente ? Des recherches sont en cours.

Pour conclure cette partie, nous pouvons dire que le nucléaire propose sur le même piédestal autant d'avantages que d'inconvénients. Ainsi, un paradoxe réside par exemple dans le domaine médical, à savoir que la radioactivité peut guérir un cancer ou au contraire le renforcer.
Ecologistes et scientifiques ne sont-ils pas aussi responsables les uns que les autres ? L'histoire en effet ne connaît ni "les solutions simples" (écologistes) ni "les risques zéro" (scientifiques).

 

 6. LE NUCLEAIRE : INFORMATION, CITOYENNETE

Après avoir vu les atouts et les risques du nucléaire, il est intéressant de se pencher sur le problème de l'information et des lois sur le nucléaire en France.

Pour cela, nous verrons donc tout d'abord les nombreuses lois établies en France sur le nucléaire, puis les différents organismes dans le nucléaire et pour finir, le lobby nucléaire. Ensuite, nous nous intéresserons à l'information au niveau tout d'abord de la presse écrite, des médias, du Minitel, puis nous verrons l'information auprès des habitants et pour finir nous étudierons un sondage.

 

6.1 Les lois

6.1.1 Les lois établies sur le nucléaire

En décembre 1991, le Parlement français a voté la loi "Bataille" sur la gestion des déchets nucléaires.

Cette loi permit de mettre en place plusieurs articles dont un qui explique que le Gouvernement doit adresser, chaque année, au Parlement un rapport faisant état de l’avancement des recherches sur la gestion des déchets radioactifs à haute activité et à vie longue, mais également des travaux qui sont menés simultanément. Ces derniers procèdent à la recherche de solutions permettant la réduction de la radioactivité de ces déchets, étudient les procédés de conditionnement et les conditions de stockage en profondeur à partir de deux laboratoires souterrains. De plus, ce rapport fait également état des recherches et des réalisations effectuées à l’étranger.

Ainsi, à l’issue d’une période qui ne pourra excéder quinze ans, à compter de la promulgation de le présente loi, le Gouvernement adressera au Parlement un rapport global d’évaluation de ces recherches accompagné d’un projet de loi autorisant, le cas échéant, la création d’un centre de stockage des déchets radioactifs à haute activité et à vie longue et fixant le régime des servitudes et des sujétions afférentes à ce centre.

6.1.2 Les acteurs du nucléaire

En haut de la pyramide, le CEA (Commissariat à l’Energie Atomique), créé en 1945 par le Général de Gaulle et directement rattaché au Premier ministre. Cet organisme conduit des recherches pour le compte du pays et se divise en deux branches : civile et militaire.

L'IPSN (Institut de la Protection et de la Sûreté Nucléaire) réalise les études et expertises liées à la maîtrise des risques nucléaires.

L'OPRI (Office de la Protection contre les Rayonnements Ionisants), veille à ce que le public et les travailleurs du nucléaire soient protégés contre les radiations et dépend des ministères de la Santé et du Travail.

La DSIN (Direction de la Sûreté des Installations Nucléaires), inspecte, contrôle, sanctionne éventuellement tous les laboratoires, usines et réacteurs nucléaires civils français. Elle est sous l'autorité conjointe des ministères de l’Industrie et de l’Environnement. Elle s'appuie notamment sur des experts de l'IPSN.

6.1.3 Les industriels du nucléaire

EDF est une entreprise nationale à caractère commercial qui n'a rien à voir avec le CEA. Le nucléaire est un moyen parmi d'autres (charbon, pétrole, gaz, hydraulique) pour produire de l'électricité, mais aujourd'hui c'est la principale source d'énergie.

La COGEMA (Compagnie Générale des Matières nucléaires) est une filiale commerciale du CEA, qui vend ses services aussi bien à EDF qu'aux électriciens étrangers. De l'extraction de l'uranium dans les mines au retraitement des combustibles usés, la COGEMA maîtrise l'ensemble du cycle.

FRAMATOME est un groupe industriel qui construit des chaudières nucléaires.

L'ANDRA (Agence Nationale de gestion des Déchets Radioactifs), autrefois filiale du CEA est aujourd'hui un établissement public. L'ANDRA est responsable des déchets nucléaires français.

6.1.4 Le lobby nucléaire

Tout d'abord, un lobby est un groupe de pression. Au niveau du nucléaire, le lobby est "une dimension mythique. Il est fait de gens dont les compétences scientifiques et les affirmations ne sont et ne peuvent être contestées" avoue Dominique Voynet. De plus, en arrivant au ministère, elle dira que le nucléaire est "le dernier tabou français" et ajoutera que le lobby nucléaire est "intouchable et d'ailleurs intouché".

Le lobby nucléaire est prêt à tout pour sauver deux choses : le retraitement des combustibles irradiés à la Hague, et le Mox, ce combustible pour réacteur nucléaire. A cause de ce lobby nucléaire, on peut dire que beaucoup d'informations sont cachées et que le dialogue reste difficile voire même impossible sur ce sujet.

6.2 L'information

6.2.1 médias, presse écrite, service Minitel, publicité...

6.2.1.1 le service Minitel

Le service Minitel, MAGNUC (36 14 code MAGNUC) créé en 1987 par les ministères de l'Industrie et de la Santé, fournit au public des informations, des renseignements sur la sûreté nucléaire et sur la santé.

Il publie les mesures de la radioactivité réalisées sur l'ensemble du territoire par le Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants.

6.2.1.2 le service téléphonique

La campagne de communication intitulée "COGEMA-La Hague, on en parle, parlons-en ensemble" donnait rendez-vous, deux fois par semaine, aux habitants de la région afin de les informer sur les opérations de repli du chantier de détartrage, et un numéro Vert, rappelé sur toutes les annonces publiées donnait la possibilité aux habitants de poser toutes les questions qui leur tenaient à cœur. Cette campagne s'est poursuivie durant un mois par la mise en avant de façon spécifique du numéro Vert dans la presse et sur différentes radios locales. Au total, 65 appels auront été enregistrés et auront permis d'identifier des grands thèmes liés à l'activité de l'usine qui, pour certains, ont été repris sur France 3 Normandie et dans la presse régionale.

6.2.1.3 La presse

Chaque semaine, un bulletin d'information technique de l'usine COGEMA-La Hague est communiqué à la presse. Cette usine a le souci de toujours mieux informer tous les publics proches de l'usine sur ses activités.

6.2.1.4 En cas d'accident

En matière d'information du public, l'établissement doit signaler à la presse sous 24 heures tout incident classé dans l'échelle des risques nucléaires, même s'il se situe au niveau le plus bas sur cette échelle. COGEMA-La Hague communique aussi toutes les données sur ses activités à la Commission Spéciale Permanente d'Information de la Hague, qui a pour mission de les analyser et de les diffuser au public. Aussi, les résultats mensuels concernant les rejets de l'usine et les mesures de surveillance de l'environnement sont diffusés sous forme de plaquette mise à la disposition du public et envoyée aux mairies.

Les accidents nucléaires possibles au cours de l'exploitation ont fait l'objet d'études approfondies. Toutes les causes ont été envisagées : défaillance technique, erreur humaine, chute d'avion, séisme, inondation...

Toutefois, dans l'hypothèse où un accident se produirait dans une unité de production, une organisation de crise serait mise en œuvre. Elle prévoit :

6.2.2 L'information auprès des habitants

Des prospectus d'information sont distribués aux personnes vivant aux alentours de la centrale nucléaire de Flamanville. Ils donnent les moyens de se protéger et d'apprendre les premiers gestes à faire en cas d'incident nucléaire. De plus, des capsules d'iode sont distribuées aux habitants car en cas d'accident nucléaire, ce médicament sert à saturer la thyroïde.

6.2.3 Le sondage

  argent molécule déchets apocalypse bombe électricité centrale écologie

15
(15-20ans)

1

1

1

1

6

1

3

1

%

7 %

7 %

7 %

7 %

38 %

7 %

20 %

7 %

15
(20-40 ans)

2

0

6

0

2

3

2

0

%

14 %

0 %

38 %

0 %

14 %

20 %

14 %

0 %

15
(+ 40 ans)

3

0

2

0

1

6

3

0

%

20 %

0 %

14 %

0 %

7 %

38 %

20 %

0 %

 

 

oui

non

15 personnes (15-20 ans)

4

11

%

27 %

73 %

15 personnes (20-40 ans)

1

14

%

6 %

94 %

15 personnes (+ 40 ans)

8

7

%

54 %

46 %

 

 

oui

non

15 personnes (15-20 ans)

10

5

%

67 %

33 %

15 personnes (20-40 ans)

12

3

%

80 %

20 %

15 personnes (+ 40 ans)

14

1

%

94 %

4 %

 

avantages

électricité moins chère

énergie recyclable

pratique

peu de pollution

aucun

15 personnes (15-20 ans)

4

1

2

3

4

%

27 %

7 % %

14 %

20 %

27 %

15 personnes (20-40 ans)

3

4

4

1

2

%

20 %

27 %

27 %

7 %

14 %

15 personnes (+ 40 ans)

6

2

2

2

3

%

40 %

14 %

14 %

14 %

20 %

inconvénients

Risques pour la santé

déchets

Dangers pour l'écologie

bombe

Beaucoup trop

15 personnes (15-20 ans)

8

2

4

1

0

%

54 %

14 %

27 %

7 %

0 %

15 personnes (20-40 ans)

5

5

2

2

1

%

34 %

34 %

14 %

14 %

7 %

15 personnes (+ 40 ans)

6

3

2

1

2

%

40 %

20 %

14 %

7 %

14 %

 

 

Au terme de cette étude sur l'information et la citoyenneté à propos du nucléaire, il est intéressant de préciser la façon dont l'information est filtrée, cachée… Le lobby nucléaire français cache beaucoup d'information aux Français qui paraissent peu informés sur le nucléaire. De plus, à chaque fois les publicités sur le nucléaire sont très opposées : soit on a l'avis positif de la Cogema soit on a l'avis très négatif de Greenpeace. Il nous paraît donc très important de faire la part des choses sur ce sujet très polémique.

 

CONCLUSION GENERALE

Développé à la suite du choc pétrolier de 1973, le nucléaire est devenu un enjeu économique majeur. Un enjeu non sans risque, qui soulève le problème de la sécurité et qui est source de polémique concernant le plan énergétique à adopter dans les années à venir.

Ainsi au terme de cette étude, nous considérons le nucléaire comme une énergie nécessaire mais également dangereuse pour l'environnement. D'autres énergies comme le vent et le soleil pourraient le remplacer à terme et contribuer à apporter de meilleures conditions de vie pour la population et relancer l'économie.

Grâce à notre étude, nous nous sommes rendu compte que la réponse à la question "Peut-on se passer du nucléaire en France" n'est pas si simple. En effet, le nucléaire représente une part importante de l'économie française et l'on ne peut pas décider de s'en séparer du jour au lendemain. Pour diminuer les besoins, économisons l'énergie.

 


Lexique

1e partie : historique

Nucléaire : ensemble des activités scientifiques, techniques et militaires qui étudient la structure des noyaux atomiques et utilisent l’énergie libérée par leur transformation.

Atome : la plus petite quantité d’un corps simple qui puisse exister à l’état isolé et réagir chimiquement en conservant son individualité.

Radioactivité : Propriété de certains noyaux atomiques instables de se transformer spontanément en émettant des rayonnements particulaires ou électromagnétiques.

UNGG : filière uranium naturel - graphite - gaz

3e partie : aspect économique

Basse tension/ moyenne tension : Les réseaux de distribution alimentent directement les consommateurs soit sous basse tension (BT) pour les utilisations domestiques et artisanales, soit sous moyenne tension pour les usagers industriels demandant des puissances plus importantes.

Sidérurgie : Métallurgie du fer, de la fonte, de l'acier et des alliages ferreux.

PIB
: (Produit Intérieur Brut) Ensemble des valeurs ajoutées créées par les entreprises et les administrations sur le territoire national en une année. (= PNB)

Augurer : prévoir, présumer.

KWh : (kiloWattheure) unité pratique de travail, travail accompli en une heure par un moteur de 1000 watts.

MW : (mégawatt) unité de puissance = 1 million de watts.

Consommation intérieure : ensemble des quantités d'énergie mises à disposition de la consommation française (production + importations exportations). Elle inclut l'énergie consommée par les usagers, ainsi que les pertes dans les réseaux de transport et de distribution et dans les usines de pompage. Elle est également désignée par l'expression " l'énergie demandée ".

Lexique 4e partie : l'électricité demain ?

TWh (térawattheure) = 1000 milliards de wattheures = 1 milliard de kilowattheures.

 


Bibliographie


1e partie

Science & Vie, 869

Lovérini, Marie José. L'atome de la recherche à l'industrie. Gallimard, 1996 (Découvertes)

Histoire de l'énergie nucléaire. Dossier documentaire

2e partie

Dossiers EDF sur les métiers dans une centrale nucléaire, 1994

Document Cogema

Document EDF, fonctionnement, sûreté

3e partie

Le Point, 1365

Encyclopédie Universalis

Brochure EDF

Physique Terminale S. Bordas, 1989

Brochure de le Cogema

Les grandes questions de l'économie française. Nathan, 1998

Atlas des énergies pour un monde vivable.

4e partie : l'électricité demain ?

Ouest France du 21/01/99

Le Point du 14/11/98

Ouest France du 19/01/99

Ouest France du 20/01/99

Le Monde du 27/01/99

Ouest France du 27/01/99

Le Monde du 24/02/99

Le Monde du 25/02/9

Ouest France du 15/01/99

Le Monde du 15/01/99

l’Événement du 18/02/99

Le Monde du 24/02/99

Le Monde économie du 1/12/98

Le Monde diplomatique de 01/99

5e partie

Dictionnaire Hachette

Encyclopédie Bordas

La Recherche, 301, septembre 1997, p. 63-83

Phosphore, 142, novembre 1992

Sciences et Avenirs, 552, février 1993

Science & Vie, 939, décembre , p. 94-95

Nucléaire tabou. BT2, 278 juin 1995

6e partie

Science & vie junior, septembre 1995

Science & vie junior, avril 1996

Crié, Hélène / Rivasi, Michèle. Ce nucléaire qu'on nous cache. Albin Michel, 1998.

Les Défis du CEA, 20, juillet-août 1993

Documents Cogema et centrale de Flamanville.