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L'Algérie coloniale des années 30 : images et discours

D'après les pellicules et notices de l'Office Scolaire d'Etudes par le Film

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1 - Tebessa - Campement de nomades

L'Algérie, dans la région des Hauts-Plateaux, est peuplée de nomades qui se déplacent avec leurs troupeaux. Les chameaux et les ânes (bourricots) paîssent l'herbe rare. Voici un campement. Autour de quelques tentes de toile ou de poil de chameau, les bêtes sont groupées. La caravane se déplacera dès qu'il n'y aura plus rien à brouter.

 

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2 - Village berbère à Azrou

Les Berbères ou kabyles savaient, depuis l'Antiquité, irriguer les terrains et les cultiver. Généralement sédentaires, ils vivent groupés en villages ou "taddert". Les maisons ont les murs blanchis à la chaux et un toit couvert de tuiles. Au fond du village on aperçoit l'école et la fondation française. Des champs cultivés entourent le village.

 

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3 - Bône - Centre de la ville

Bône, grand port de l'Algérie orientale, exporte surtout les minerais de fer de l'Ouenza et les phosphates qui viennent de Tébessa (sur les Hauts-Plateaux). Ici, le centre de la ville et le cours Bertagna. Le cours a l'aspect de celui de n'importe quelle ville française du midi : large boulevard ombragé et bordé de maisons à plusieurs étages. Au fond, le port.

 

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4 - Biskra - Danses - Ouled Naïls

Les danseuses ouled-nails sont dévoilées, fait remarquable à Biskra ou dans n'importe quelle oasis du sud algérien. Vêtues d'étoffes châtoyantes, elles portent sur elles une grande partie de leur fortune sous forme de pièces d'or montées en collier. Elles exécutent de très vieilles danses traditionnelles. Noter l'Arabe debout à droite. Costume classique de chef arabe, la hauteur de sa coiffure indique son rang parmi les chefs, également la couleur de son burnous. 

 

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5 - In Salah - Femme indigène préparant le couscous (cliché Office algérien)

Le couscous est le plat national algérien. Sa composition varie très peu d'une région à l'autre. Pourtant, Sétif par exemple, revendique l'honneur de préparer le meilleur couscous. Il est composé d'une semoule cuite à la vapeur et garnie de mouton et de poulet. Le tout arrosé d'une sauce pimentée très forte. Ici, femme au sang mélangé (nez aplati des nègres). Remarquer les bracelets de perles de couleurs. Elle est occupée à trier la semoule dans un plat creux.

 

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6 - Alfa - Arrachage et transport (cliché Ofalac)

L'alfa est la plante typique des Hants-Plateaux algériens. Il pousse en grosses touffes espacées. Voici des indigènes vêtus du classique burnous blanc occupés à arracher l'alfa et à le charger à dos de chameau. Il sera ensuite expédié en France et surtout en Angleterre. On l'utilise dans la fabrication de la pâte à papier.

 

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7 - Le vignoble

La culture méthodique de la vigne s'est développée intensément en Algérie. C'est maintenant une des grandes richesses du pays. Ici, un groupe de vendangeurs indigènes au travail. Ils transportent les grappes cueillies dans des hottes.

 

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8 - Boufarick - Récolte des mandarines (cliché Ofalac)

La plaine alluviale de la Mitidja, autrefois inculte, a été complètement transformée par la colonisation. On y cultive la vigne, des céréales, mais surtout des primeurs qui sont exportées vers la France. Ici, récolte des mandarines faite par les indigènes. Remarquer les mandariniers, arbustes aux feuilles très étroites et d'un vert sombre.

 

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9 - Sidi-Aïssa - Tisseuse nomade

Les femmes nomades ou celles qui vivent dans les oasis, tissent et brodent beaucoup (burnous, toiles de tente, etc...). Voici une toile de tente tissée sur un métier rudimentaire. La femme maintient les fils de chaîne à l'aide de son pied nu. Costume de cotonnade, bijou pour retenir un carré de tissu clair sous le cou et bracelets au bras. A l'arrière plan, les tentes.

 

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10 - Barrage de Perregaux (cliché Ofalac)

La France a exécuté un grand nombre de travaux pour permettre la répartition de l'eau en Algérie. Le problème de l'eau étant le plus important, de nombreux barrages ont été construits. Ils ont permis l'irrigation et l'électrification d'une surface très étendue du territoire. Ici vue de profil du barrage de Perregaux.

 

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11 - Biskra - Le marché (cliché Ofalac)

Certaines oasis groupent plusieurs milliers d'habitants. Ici le marché à Biskra. A droite maison européenne, grandes fenêtres avec balcon. A gauche, au contraire, maison aux petites ouvertures et aux murs blanchis. Toits en terrasse. Des Arabes vont, viennent, dans la rue (pas de femmes).

 

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12 - Alger

La capitale algérienne s'est développée sur le versant maritime des collines du Sahel. Ici, vue prise du phare. Au premier plan, un bassin avec sa flottille de barques, puis les grands immeubles européens bordant de larges avenues. Au fond et au centre, la masse blanche de la Kasbah, aux tortueuses rues étroites, uniquement peuplée de kabyles.

 


Complément : L'Office Scolaire d'Etudes par le Film

Dans les années trente, l’Office Scolaire d’Études par le Film publie des séries de pellicules qui ont trait à un "cours de géographie" sur "La France et ses colonies". "L’action civilisatrice de la France" est ainsi abordée au travers du lycée d’Alep, la plantation du caoutchouc en Cochinchine ou encore le viaduc du Congo Océan. Ici, les notices signalent l’apport occidental ainsi que la ligne de conduite de la France "de respecter de façon absolue les traditions et coutumes des indigènes de ses colonies".

Les courtes notices sont regroupées par douzaine dans les rubriques "géographie physique" et "géographie humaine". Elles commentent des clichés dont l’origine est souvent institutionnelle (par exemple "Cliché Office algérien" pour la colonie algérienne). Même s’il y a un peu plus de sobriété qu’au XIXe siècle, le regard et le discours demeurent ceux d’Européens, à une époque où les métropoles sont parfois tentées de se replier sur leurs colonies mais ne remettent pas en cause la primauté des occidentaux.

par Gilles Ollivier - Professeur relais au Service éducatif des Archives d'Ille et Vilaine.

 

Dossier réalisé par Sylviane Tabarly, le Service Educatif des ADIV (Gilles Ollivier) avec la collaboration de Stéphane Gibert, professeur d'histoire en CPGE au lycée Chateaubriand de Rennes.

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A la fin du XIXe siècle

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