Sandoz : Le double de Zola

Introduction :
L'Oeuvre est le roman le plus autobiographique de Zola. Il s'est plus ou moins peint lui-même sous les traits de Sandoz. En effet, on peut remarquer que Sandoz a suivi le même itinéraire que Zola, la même ascension sociale et partage les idées artistiques de Zola.
I - La vie :
a) enfance voir chap II

Sandoz
Plassans (Provence)
fils d'un réfugié espagnol
à la tête d'une papeterie
mort prématurée du père idem
vie difficile avec sa mère à Paris idem

Zola
Aix en provence
le père de Zola était un émigré italien
ingénieur des travaux publics
mort prématurée du père idem
vie difficile avec sa mère à Paris idem
b) itinéraire
Sandoz
employé à la mairie du 5è arr.
journalisme comme Zola : "il s'était lancé dans le journalisme. Il y gagnait plus largement sa vie...Le journalisme n'est qu'un terrain de combat." chap VI
Zola
employé chez Hachette
carrière littéraire
c) caractère  
N.B. : Zola fait de lui-même un portrait flatteur, celui du parfait ami

Sandoz est travailleur. La devise de Zola est "nulla dies sine linea" La dernière phrase du roman prononcée par Sandoz est "allons travailler."

Sandoz reçoit le jeudi ses amis artistes comme Zola dans sa propriété de Médan.

Les déménagements successifs de Sandoz (rue d'Enfer, Maison des Batignolles, appartement de la rue de Londres) montrent l'ascension sociale du romancier et son embourgeoisement. (idem pour Zola)

Sandoz et Zola partagent les mêmes goûts pour la bonne chère et les bibelots.

II - L'artiste
a) jeunesse romantique
voir chap 2 : goûts littéraires : Hugo-Musset. "Sandoz avait toujours dans sa poche le livre d'un poète."
b) théories littéraires
voir chap VI : "Je vais prendre une famille et j'en étudierai les membres un à un , d'où ils viennent, où ils vont... D'autre part, je mettrai mes bonshommes dans une période historique déterminée ce qui me donnera le milieu et les circonstances... une série de bouquins, quinze, vingt bouquins..."
c) carrière
voir chap VII

publication du premier roman : "c'était un égorgement, un massacre, toute la critique hurlant à ses trousses..."

la période des succès : chap XI : "l'écrivain venait de publier un nouveau roman... il se faisait enfin autour de ce dernier, cette rumeur du succès qui consacre un homme..."

d) confidences de l'artiste
chap VII : "si tu savais ! si je te disais dans quels désespoirs, au milieu de quels tourments ! moi que l'imperfection de mon oeuvre poursuit jusque dans le sommeil ! moi qui ne relis jamais mes pages de la veille de crainte de les trouver si exécrables que je ne puisse trouver ensuite la force de travailler."

chap IX : "eh bien moi, je m'accouche avec les fers....mon Dieu, que d'heures terribles dès le jour où je commence un roman ! ... le travail a pris mon existence, peu à peu il m'a volé ma mère, ma femme, tout ce que j'aime...."

Conclusion :
L'Oeuvre : roman de la maturité de Zola. Il a déjà écrit L'Assommoir, Germinal. Il s'accorde un coup d'oeil rétrospectif sur sa carrière et peut se dire que l'"oeuvre" est faite. La succession de ses romans constitue son "oeuvre".

 


Production d'élèves

Le personnage de Sandoz ressemble beaucoup à Zola. Sélectionner des passages du texte qui présentent des similitudes avec la vie, l'oeuvre, les idées, les théories de Zola.


En effet Zola n'avait jamais mis autant de lui même que dans L'Oeuvre. Il prête ses traits, sa vie et ses idées à Pierre Sandoz, écrivain, meilleur ami du héros : Claude Lantier. Cet ouvrage est bien une confession aussi douloureuse qu'authentique

D'après le portrait de Zola à 22 ans peint par Cézanne, et la description physique de Sandoz à la page 85 : "un garçon de 22 ans très brun à la tête ronde et volontaire, au nez carré, aux yeux doux dans un masque énergique, entouré d'un collier de barbe naissante", on remarque une grande ressemblance physique de ces deux personnages.

De plus, leur vie est pratiquement calquable. Ils sont tout deux originaires de Provence, Zola vient exactement de Aix-en-Provence, alors que Sandoz lui vient de Plassans (ville imaginaire que Zola situe en Provence qui ressemble beaucoup à Aix).

A la page 85, Claude et Sandoz ont une discussion à propos du passé, Zola prête ses souvenirs d'enfance à cette scène ; préface : "Et nos tendresses, en ce temps là, étaient avant tout les poètes... nous avions des livres dans nos poches...Victor Hugo régna sur nous... un de nous apporta un volume de Musset..."

Leur père est décédé lors de leur jeunesse, laissant leur pauvre mère dans une situation financière très difficile ; page 88 : "le père de Sandoz...était mort...laissant à sa veuve une situation si compliquée".

Leur mère souffrait d'une paralysie lente ; page 89 : "la mère de Sandoz...souffrant d'une paralysie lente...", puis ne pouvant subvenir à leurs besoins, Sandoz et sa mère sont montés à Paris afin que celui-ci trouve du travail ; page 89 : "elle s'était réfugiée avec son fils, qui la soutenait d'un maigre emploi", ce que fit également Zola.

Ensuite Sandoz démissionna de son maigre emploi pour le journalisme, tout comme Zola ; page 247 : "après avoir donné sa démission d'employé, il s'était lancé dans le journalisme ", à la suite de cette augmentation de salaire Zola quitta la rive gauche, comme Sandoz ; page 247-248 : " il venait d'installer sa mère dans une petite maison des Batignolles".

A la page 282, Zola décrit la maison de Sandoz, en donnant la description très exacte de son petit pavillon rue de la Condamine, et donne au chien de Sandoz le nom de son propre chien qu'il eut en 1870 : "Bertrand".
La mère de Zola mourut en octobre 1880, et celle de Sandoz en 1875 à l'automne également.

Zola et Sandoz ont depuis leur plus tendre enfance une fièvre de littérature et d'art (page 95).

A la page 104, Zola utilise Sandoz comme porte-parole, fondateur du naturalisme, l'écrivain perçoit la vie comme "un mécanisme et une somme d'énergies, tandis que la matière s'emplit d'un souffle vital. Le résultat est un panthéisme général fondé sur une prise en considération des forces de la vie et du mouvement ", Sandoz l'exprime alors ainsi : "ah, que ce serait beau, si l'on donnait son existence entière à une oeuvre, ou l'on tâcherait de mettre les choses, les bêtes, les hommes, l'arche immense...bien sûr c'est à la science que doivent s'adresser les romanciers, elle est l'unique source possible".

Mais aussi, ils s'inscrivent dans les positivistes (méthode scientifique et philosophique = idéal scientifique du romancier naturaliste), Sandoz le proclame à la page 249 : "la philosophie n'y est plus, la science n'y est plus, nous sommes des positivistes et des évolutionnistes (remise en cause de la thèse biblique, de l'origine divine de l'Homme)".

L'oeuvre de Sandoz est fondée sur le projet de Zola, celui de l'histoire d'une famille en plusieurs oeuvres ; page 250 : "je vais prendre une famille, et j'en étudierai les membres, un à un". Et comme pour chacun de ses ouvrages, Zola se livrait à une enquête préparatoire, tout comme Sandoz ; page 426 : "Sandoz ayant des notes à chercher pour son roman".

A la page 371, apparaît une théorie de Zola, selon lui tous les créateurs ont rencontré au début de leur carrière une forte résistance, il prétend que c'est une règle absolue sans exception, Sandoz la formule ainsi : "l'insulte est saine, c'est une mâle école que l'impopularité, rien ne vaut, pour vous entretenir en souplesse et en force, la huée des imbéciles".

Nous pouvons également montrer la ressemblance de Zola et Sandoz, par les deux autres personnages principaux de l'Oeuvre qui sont Claude Lantier, le peintre et Dubuche. Claude représente dans la vie de Zola, Paul Cézanne, un ami d'enfance, mais aussi un grand peintre du XIXème siècle et Dubuche, un ami d'enfance également, prénommé Baille.

Zola s'exprimant à propos de L'Oeuvre disait ces quelques mots : "Ma jeunesse au collège et dans les champs. Baille, Cézanne. Tous les souvenirs de collège : camarades, professeurs, quarantaine, amitiés à trois. Dehors, chasses, baignades, promenades, lectures, familles des amis. A Paris, nouveaux amis. Arrivée de Baille et de Cézanne. Nos réunions du jeudi. Paris à conquérir, promenades. Les musées."

Marine Bazin, Marlène Debray

Plan de l'étude

Retour accueil lettres