Le recyclage des déchets à Rennes : une politique originale

 

Sommaire

1 - Présentation législative et technique
1.1 - La réglementation nationale
1.2 - Le recyclage
1.3 - La valorisation énergétique
1.4 - Les conséquences sur l'emploi
2 - Les aspects financiers et les modes de financements de la gestion des déchets
3- Les différentes collectes et les opérations d'élimination des déchets rennais en chiffre.


Aujourd'hui, 50% des français placent la protection de l'environnement en tête de leurs préoccupations devant l'éducation, la pauvreté ou le chômage. Les événements récents comme le débat sur le réchauffement de la planète et les changements climatiques qui s'en suivent raniment la volonté des français de protéger leur environnement. Le recyclage est le premier geste des ménages pour le préserver. Dans le dossier qui suit, nous nous proposons dans un premier temps, d'évoquer les bases du recyclage, puis, d'exposer deux exemples de politiques budgétaires. Les déchets ménagers : composition de nos poubelles (en masse) :

4% de métaux, 11% de matières plastiques, 13% de verre, 18% d'éléments fins et divers (huiles, piles....), 29% de matières organiques (restes des repas), 25% de papier et carton. Le traitement des déchets nécessite des équipements lourds d'une conception technique de plus en plus sophistiquée pour répondre aux normes européennes et à la législation nationale visant à limiter les pollutions.

Nous avons aussi souhaité mettre en perspective la politique rennaise en la comparant avec d'autres villes françaises ou européennes de taille comparable. A cet effet, nous avons retenu plus particulièrement le cas de la ville Liège en Belgique qui donne des explications assez précises sur Internet.



1 - Présentation législative et technique :

1.1-La Réglementation nationale et la mise en conformité avec les réglementations de l'U.E. :

Dans aucun Etat elle ne " plaque " la réglementation européenne, conformément d'ailleurs au principe même des directives laissant chaque Etat libre de prendre les mesures appropriées, les mieux adaptées au cadre juridique, géographique, historique, institutionnel, qui est le sien. Les textes français sont par conséquent, presque toujours différents des textes européens, même quand ils s'y rapportent expressément. Le mot réglementation est ici utilisé dans son sens le plus large, de disposition fixant des normes ou des obligations, puisque, en vérité, l'essentiel est issu de dispositions législatives, et seulement accessoirement, de dispositions réglementaires.

La réglementation française en matière de déchets est composée entre autre, de :
- la loi du 15 juillet 1975, reste le texte de base en matière d'élimination des déchets. En voici quelques extraits : D'abord, la compétence des communes ou de leur groupements : " Les communes, ou les groupements constitués entre elles, assurent (...) l'élimination des déchets des ménages. Ces collectivités assurent également l'élimination des autres déchets définis par décrets qu'elles peuvent, eu égard à leur caractéristiques et des quantités produites, collecter et traiter sans sujétions techniques particulières. " La compétence des communes concerne ainsi ce qu'on appellera par la suite " les déchets ménagers et assimilés ". Ensuite, le principe de récupération : " L'élimination des déchets comporte les opérations de collecte, transport, stockage, tri et traitements nécessaires à la récupération des éléments et matériaux réutilisables ou de l'énergie ". La loi fixe également quelques-unes des modalités de financements. Les communes ont notamment la possibilité de créer une redevance spéciale pour les déchets. Un établissement public chargé de contribuer au financement d'opérations concernant la récupération des déchet a également été créé : l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie ( ADEME). Cette loi a été précisé par le décret du 7 février 1977 et par la circulaire du 18 mai 1977 relative au service d'élimination des déchets des ménages.
- la loi du 13 juillet 1992 relative à l'élimination des déchets ainsi qu'aux installations classées pour la protection de l'environnement. Cette loi à pour objectif de moderniser la politique globale des déchets. Elle complète la loi de 1975 par trois apports fondamentaux. Elle comporte un principe, une obligation et trois définitions (une seule nous intéresse). Un principe de prévention : les dispositions de la loi ont pour objet de prévenir ou réduire la production et la nocivité des déchets. Une obligation : à compter du 1er juillet 2002, les installations d'élimination de déchets par stockage ne seront autorisées à accueillir que des déchets ultimes. Ainsi, la loi de 1992 est-elle connue pour être celle qui " met fin à la mise en décharges. " Le principe de plan d'élimination des déchets avait été posé en 1975 mais, la loi de 1992 à précisé le contenu et les procédures de ce plan. Chaque département doit être couvert par un plan départemental d'élimination des déchets ménagers. Il a été précisé plus tard que ces plans doivent prévoir les installations nouvelles nécessaires et les modalités permettant à la foi de réduire au minimum les distances de transport, les volumes à transporter, ainsi que de valoriser au mieux les déchets concernés. La loi comporte enfin trois définitions, dont celle de la valorisation des déchets : le mot apparaît pour la première fois dans la loi française. La valorisation des déchets consiste dans " le réemploi le recyclage ou toute autre action visant à obtenir, à partir de déchets, des matériaux réutilisables ou de l'énergie. "
- la circulaire du 28 avril 1998 (" circulaire Voynet ") du ministre de l'Environnement sur la mise en œuvre de plans départementaux d'élimination des déchets ménagers et assimilés. Cette circulaire précise la loi du 13 juillet 1992. Elle rappelle, d'une part que, " l'objectif de résorption des décharges devrait être fermement maintenu. " Elle manifeste, d'autre part, une volonté de réorientation des plans en faveur du recyclage. " Cette réorientation doit se traduire par un aménagement des objectifs antérieurement définis de façon à intégrer davantage de recyclage matière et organique et, ainsi, de limiter le recours à l'incinération et au stockage aux seuls besoins. "
- le décret emballage du 1 avril 1992 : Il met en place une réglementation spécifique concernant l'élimination des déchets résultant de l'abandon d'emballages. Il met en œuvre les dispositions des directives européennes de 1975 et 1991. Le dispositif vise à éliminer les déchets d'emballages dont les détenteurs finaux sont les ménages. Ainsi, les emballages non ménagers sont exclus du champ d'application du décret. Le principe est que le producteur, l'importateur ou le responsable de la première mise sur le marché du produit est tenu de pouvoir ou contribuer à l'élimination des déchets d'emballages. Ainsi, il n'y a pas d'obligation de valorisation, mais une seule obligation de reprise. Ils peuvent donc récupérer et éliminer eux- même les emballages (système de consignation) ou contribuer à un système collectif. Le décret laisse les voies ouvertes quant à la nature dudit système collectif, et quant aux modes de traitement (recyclage des matériaux ou récupération d'énergie). L'ambition de la réglementation nationale reste raisonnable. De plus, les choix des modes de traitement sont ouverts et la responsabilité repose sur les élus locaux qui, collectivement, doivent adopter un plan départemental.

L'importance des investissements en jeu, en ce qui concerne Rennes, nécessite une conception et une organisation à l'échelle du District. Ainsi, la ville conserve la responsabilité de la collecte des ordures ménagères tandis que leur élimination est confiée depuis le premier janvier 1995 à la compétence du District, composé de 36 communes. Cependant, tous les déchets ne sont pas collectés de la même façon et de ce fait ne subissent pas le même traitement. En effet, nos mode de vie entraînent une production de déchets de plus en plus importantes c'est pourquoi pour traiter efficacement tous les types de déchets ménagers des collectes sont mises en place pour le verre, le papier et le carton. Chaque habitant doit donc, volontairement, apporter les déchets concernés jusqu'aux parcs à conteneurs ; ce sont les collectes sélectives.


1.2 - Le recyclage :

Le recyclage est la réintroduction direct d'un déchet dans le cycle de production dont il est issu, en remplacement d'une matière première neuve.(définition de l'ADEME) A Rennes comme à Lièges, les matériaux qui résultent des collectes sélectives sont recyclés.

- le verre : en moyenne nous consommons tous 50 kg de verre /an et, en 97, chaque français en à déposé en moyenne 20 kg. Le verre peut-être produit presque indifféremment à partir de matière minérale vierge, le silice ou le verre broyé de récupération (calcin). Le verre usagé peut-être recyclé soit par réemploi direct comme le système de consigne où les bouteilles sont récupérées, lavées et réutilisées soit, en refabriquant de la matière première, c'est le système français. Le verre récupéré, débarrassé de polluant, se recycle indéfiniment sans perdre ses qualités originelles. Il doit néanmoins être finement traité avant réutilisation. A l'arrivée à l'usine de recyclage le verre subit les traitements suivant : le broyage, le lavage afin d'éliminer les colles les étiquettes, les capsules. Après, le verre est séparé des métaux ferreux ou non et est débarrassé des infusibles comme la porcelaine, les cailloux. Le calcin ainsi libéré de corps étrangers, est devenu une matière première, et peut ensuite être utilisé pour fabriquer à nouveaux du verre. La fabrication du verre à partir de calcin de récupération présente des économies matières, que ce soit en minéraux (1,5 million de tonnes récupérées économise 1,3 million de tonne de sable), ou en énergie, puisque les frais de transport et les frais de fusions sont abaissés. Le verre collectés à Rennes est recyclé à Cognac. Bien que le "geste verre " (vert) soit familier pour les trois quart de la population, le pourcentage de verre collecté reste faible. Pour l'améliorer il faut poursuivre le maillage du territoire et de l'équipement des communes en parcs à conteneurs. La profession estime que le parc actuel d'un conteneur pour 800 habitants devrait être augmenté pour parvenir à un conteneur pour 500 habitants.

- le papier/carton : une grande partie du papier et du carton arrive du circuit des déchets ménagers qui regroupe les journaux, les magazines, les produits de bureau, les emballages ménagers... L'industrie du recyclage du papier et du carton est mature. Ces produits sont d'abord triés puis conditionnés dans des balles. Ils sont ensuite transportés vers l'usine de recyclage (à Rennes la société OTOR s'en occupe). Dans cette usine, on effectue un défibrage, c'est à dire que le produit est inséré dans un mixeur avec apport d'eau qui casse les liaisons entre les fibres. Le papier se transforme alors en pâte et les principales impuretés sont éliminées par désencrage. Ce procédé consiste à nettoyer la fibre par injection de produit dissolvant et d'aire. Le système, basé sur la flottaison différente des matières, va faire remonter l'encre et les matières ayant des propriétés de surface différentes des fibres. A l'issue de ces différents traitements, le produits est lavé et peut-être traité comme ou avec des fibres vierges. En France, la moitié de la production papetière est réalisée à partir de fibres recyclées.

- les emballages ou PMC : Rennes n'a pas encore mis en place de collecte sélective pour les emballages résultants de la consommation des ménages mais, le même principe qu'à Lièges devrait bientôt arriver en France. Ainsi, à Lièges, les bouteilles et flacons en plastique sont lavés et broyés avant transformation en fibres synthétiques pour vêtements, rembourrages, nouveaux emballages, tuyaux... L'acier et l'aluminium des emballages sont fondus en matières utilisées pour les emballages, l'industrie automobile, l'électro-ménager... Enfin, les carton à boisson subissent plusieurs traitements : le carton récupéré est envoyé en papeterie, l'aluminium et le plastique sont généralement incinérés. Les cartons à boisson peuvent aussi être déchiquetés et compactés en panneaux agglomérés. La France a, pour l'instant, décidée de développer des filières et équipements qui n'imposent pas de tris très fin. Le reste des déchets ménagers, résultant des collectes en " porte à porte ", est acheminé par camion à l'usine d'incinération de Villejan pour subir une valorisation. Grâce à cette technique, la ville de Rennes produit de l'énergie : on parle alors de valorisation énergétique.


1.3 - La valorisation énergétique :

Ce procédé consiste à utiliser les calories contenues dans les déchets, en les brûlant et en récupérant l'énergie ainsi produite pour diverses utilisation.(définition de l'ADEME)



L'usine de traitement des déchets à Rennes

En 1996, l'usine d'incinération des ordures ménagères (UIOM) se dote d'un troisième four pour accroître ses performances. Cette extension permet de valoriser l'énergie récupérée - la vapeur surchauffée - sous deux formes appelées cogénération. Une partie de la vapeur est utilisée pour l'alimentation du chauffage urbain et de l'eau chaude sanitaire. Cette énergie est produite au moyen d'un échangeur de chaleur identique au système actuel de l'usine. Le reste de la vapeur sert à produire de l'électricité et aussi à sécher les boues de la station d'épuration. Le surplus d'électricité produite est vendu à EDF. Ainsi, les calories tirées de la combustion des déchets sont valorisées tout au long de l'année, y compris l'été. La souplesse de la régulation permet d'adapter le débit d'alimentation de la vapeur en faveur du chauffage urbain ou de la production électrique en fonction des besoins, du prix des énergies, de la demande technique et ce, afin d'obtenir la meilleure optimisation financière possible.

A leur arrivée à l'usine, les camions sont pesés puis ils vident leurs ordures ménagères (1) dans une fosse de 2000 mètres cubes (2). Cette fosse est parcourue sur toute la longueur par deux grappins montés sur pont roulant (3). Ils alimentent les deux trémies de chargement(4) communiquant directement avec les grilles (5) des deux fours. Ces grilles comportent des barreaux alternativement fixes et mobiles, afin d'assurer le déplacement et le brassage des déchets pour la meilleure combustion possible. La combustion des ordures ménagères est entretenue par une arrivée d'air, appelé air primaire, puisé en partie haute de la fosse (7). La dépression créée permet de diminuer les nuisances olfactives. Le ventilateur d'air primaire (8) garantie l'admission de l'air sous la grille puis la diffusion dans la couche des ordures ménagères suivant un débit réglé. L'eau contenue dans le ballon supérieur (13) circule dans les tubes qui tapissent les parois de la chaudière. Réchauffée par les fumées, l'eau se transforme en vapeur et rejoint l'échangeur de chaleur (14) situé dans la centrale thermique avoisinante où elle transmet ses calories à l'eau du réseau de la chaleur de Villejan. La vapeur refroidie est ensuite condensée dans l'aérocondenseur (15), dégazée puis passée dans l'économiseur (16) pour y être réchauffée avant son retour au ballon de la chaudière. (Schéma de l'usine de traitement des déchets à Rennes)

 

1.4 - Les conséquences sur l'emploi

Les conséquences sur l'emploi sont principalement liées à la collecte et au tri. Selon une étude de l'ADEME, à prix égal, la collecte sélective génère dix fois plus d'emplois que l'incinération, trente fois plus que la mise en décharge. La collecte sélective entraîne une augmentation des personnels de l'ordre de 5 à 10 % variable selon la densité de l'habitat. Si la collecte elle-même n'apporte que peu de changements en termes d'emplois, le tri, qui est un complément indispensable, induit des mouvements plus significatifs. Cette appréciation sur le potentiel d'emplois doit cependant être nuancée. D'une part, la recherche de gains de productivité devrait limiter le nombre de créations d'emplois. Deux voies sont a priori ouvertes : l'une portant sur la collecte, l'autre sur le tri. Concernant la collecte, la productivité est considérablement améliorée par le ramassage semi-automatique. Outre l'effet direct et immédiat (passage d'une collecte manuelle par équipe de trois - un conducteur et deux agents- à une collecte semi-automatisée, le conducteur pilotant de sa cabine l'opération de collecte), l'amélioration des conditions de travail est incontestable. Pour des raisons culturelles (habitudes), pratiques (disposition et étroitesse des voies, voitures en stationnement), économiques et financières (renouvellement récent du parc de camions de ramassage, adaptés aux collectes sélectives...), l'automatisation de la collecte n'est guère envisageable en France, au moins à court et moyen terme. En revanche, des potentialités demeurent au stade du tri. De l'avis de tous les responsables interrogés ayant " testé " plusieurs formules, le meilleur tri est celui qui combine tri automatique et tri manuel dans une combinaison adaptée à chaque centre.

a) Aspects qualitatifs : Ces emplois induits par la mise en place de collectes sélectives peuvent correspondre, pour partie, à des situations d'insertion (chômeurs de longue durée, " RMistes " en fin de droits,...). Elle offre de nouveaux métiers ("animateur déchets ", surveillant de déchetterie...), de nouvelles formations (formation au dialogue avec les usagers, mise en place d'un CAP/BEP de " valoriste "), voire de nouvelles chances à une fraction de la population (emplois en sortie d'incarcération. C'est en quelque sorte une " seconde vie " pour le produit, et une " seconde chance " pour l'homme. La valorisation n'a alors jamais aussi bien porté son nom. Il faut cependant convenir que ces métiers sont souvent peu valorisants, et " durs " physiquement, voire éprouvants, notamment dans les centres de tri où certains employés peuvent trier, par sélection sur un tapis roulant, jusqu'à une tonne de déchets par heure. Certaines visites de centre de tri ont laissé de fortes, voire de douloureuses impressions.

b) Les pathologies liées au tri : Le tri est un métier dur qui présente, en outre, certains risques qui ne peuvent être ignorés. Sans omettre la dimension psychologique - car il n'est pas possible de mettre quelqu'un sur une ligne de tri, ou de dire à quiconque qu'il sera sur une ligne de tri pendant vingt ans - le tri manuel entraîne deux risques non négligeables : les lésions musculaires, les contaminations.
- Les lésions musculaires : pour un " valoriste ", ou un agent de tri, l'opération consiste à sélectionner visuellement l'objet à trier sur un tapis roulant (bouteille en PVC, journaux, magazines...) et le rejeter dans un opercule qui se trouve soit en face du poste de travail (tri frontal), soit sur le côté du poste de travail (tri latéral). L'objet sélectionné tombe alors dans une benne qui ne contient normalement que des objets de même nature et de même composition. Le chargement répond, par conséquent, aux prescriptions techniques minimum nécessaires à la réutilisation. La limite entre l'automatisme et l'automate est cependant étroite, et les équipes tournent sur plusieurs postes afin de maintenir la vigilance et d'éviter le passage de l'un à l'autre. Il n'en demeure pas moins que les gestes sont là. Le tri frontal entraîne 2.500 gestes identiques à l'heure. Le tri bilatéral entraîne 1.200 gestes à l'heure, avec rotation du corps, et déplacement latéral. Avant toute décision, il convient de réfléchir attentivement à l'ergonomie des installations, pour minimiser les gestes et les problèmes musculaires.
- Les risques de souillures et de contamination : en une heure, près de quatre tonnes de déchets sont triées sur un tapis roulant. Impossible de tout voir dans un tel foisonnement. Les risques majeurs concernent les coupures (boîtes) et, surtout, les piqûres liée au rejet de seringues, avec parfois des risques de contamination (hépatite B). Il n'existe pas de réglementation générale sur la prévention et les soins, qui relèvent de chaque centre. Le protocole courant est de prévoir un traitement (vaccination anti-tétanos...) chaque fois qu'un agent a été blessé ou piqués, mais le traitement peut-être trop tardif. Le risque concerne surtout l'hépatite B. Il y a un vide juridique sur ce point. Dans aucun centre, il n'existe de vaccination obligatoire. L'opposition des personnels, pourtant les plus directement concernés, les difficultés pratiques et le coût financier constituent des obstacles sérieux à la mise en œuvre de cette mesure. Ni les unes, ni les autres, ne sont pourtant rédhibitoires. Une amélioration est souhaitable. Après cette approche théorique et technique, nous constatons que ces méthodes contribuent fortement au respect de l'environnement tout en prenant en compte l'aspect économique. Cependant, quels sont les choix de mise en pratique offerts aux maires des villes françaises ?


2 - Budget global et politique :

2. 1- Politiques générales comparées :

Chaque ville ou groupement de villes détient, dans les limites des droits et devoirs législatifs, la possibilité de choisir les méthodes de recyclages et de traitement de ses déchets. A Rennes comme à Liège, l'objectif principal du système de gestion des déchets est de réduire le volume de ceux-ci au maximum et de les valoriser le plus possible afin d'éviter les mises en décharge, procédé le plus polluant. Celle-ci est particulièrement limitée à Rennes puisqu'elle représente moins de 13% alors que la moyenne nationale est de l'ordre de 52%. La difficulté majeure liée à cette politique réside dans le tri des déchets qui ne peuvent évidemment pas tous, se valoriser de la même façon. C'est dans cette perspective que les deux villes se sont dotées de conteneurs spécialisés (verre, papier-carton, plastiques ) permettant une collecte sélective sur la base du volontariat. De plus le schéma global d'élimination des déchets des deux villes comprend une collecte au porte à porte. Celle-ci concerne, pour Lièges, les déchets ménagers mais aussi les emballages PMC, la collecte de ces derniers font partie des buts à atteindre de la ville bretonne. Cependant Liège mène une politique plus active. En effet, elle s'accompagne de la loi pour mobiliser l'opinion publique et pousser ses habitants à la citoyenneté et au respect de l'environnement. La loi fait de la collecte sélective une obligation. Celle-ci est décomposée en plusieurs sacs payants ( de l'ordre de 45 F belges le sac de 60L ) et pour plus de sécurité leur contenu est vérifié par les éboueurs. S'ils remarquent une mauvaise utilisation des sacs, ils collent, alors, un autocollant rappelant les instructions à suivre pour bien recycler. De plus les parcs à conteneurs de différentes matières sont ouverts aux particuliers, à raison d'un mètre cube par semaine.

Rennes, elle, possède sa propre usine de traitement et de valorisation des déchets située à Villejean et qui traite 90% des déchets ménagers de la ville. En 1995, un budget de 86 millions de francs a été débloqué pour investir dans des travaux de fonctionnement et de mise aux normes de cette usine d'incinération. Rennes a aussi choisit de recycler l'énergie créée par l'incinération des déchet. Ainsi , la chaleur produite est utilisée au profit du réseau de chauffage urbain soit 15 000 équivalent-logements. Cette valorisation est complétée par une production d'électricité qui alimente l'usine et dont le surplus est revendu à EDF. Aujourd'hui, chaque habitant représente 1 kg d'ordures par jour. Les capacités de traitement de l'usine de Villejean sont de 432 tonnes par jour et 140 000 tonnes par an tandis que le district produit une moyenne de 138 000 tonnes. En outre, l'usine d'incinération emploi 27 personnes. La ville s'est de plus montrée innovante en construisant un centre technique d'enfouissement et en y associant, avant même que cela ne devienne obligatoire, une association de consommateurs et d'environnement pour assister à sa création et à son fonctionnement. Cette association s'appelle le Comité de suivi, elle veille au respect des réglementations et de l'environnement. Le site sert à l'enfouissement de déchets non-revalorisables et représente un investissement de 12 millions de francs pour permettre l'enfouissement des déchets ultimes et notamment les boues issues de l'usine de traitement. Ces investissements ne sont pas sans contre-partie, notre environnement et notre futur en profitent. C'est la raison pour laquelle de nombreux tiers doivent prendre part au financement de l'organisation du traitement des déchets ménagers.

2.2 - Les aspects financiers et les modes de financement de la gestion des déchets :

L'ADEME prévoit une augmentation des coûts d'élimination des déchets dans les prochaines années en raison des nouvelles perspectives de collectes sélectives qui induisent de lourds investissements et la progression croissante de la population et de la consommation. Les communes disposent de deux méthodes de financement au choix : le financement fiscal souvent matérialisé par une taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) à laquelle sont soumis toutes les propriétés bâties. Soit le financement par redevance comme une contrepartie financière du service rendu et par là sont visés les usagers et non les propriétaires. Il existe, de plus, une taxe générale sur l'activité polluante qui repose sur le poids des déchets récoltés. Ainsi, à raison de 60F la tonne une installation peut éliminer des déchets et pour 120F la tonne elle peut en stocker. Cette taxe alimente, de nos jours, le budget de l'Etat qui reverse à l'ADEME les crédits équivalents à ceux qu'elle aurait perçus dans le régime antérieur. Les communes peuvent aussi avoir recours au financement par les industriels. Dans ce cas deux formules peuvent être suivies. Tout d'abord, les industriels peuvent de leur propre initiative s'organiser eux-même, établir des filières, s'engager sur des objectifs, la récupération des huiles, par exemple. Une autre possibilité consiste à passer par la voie d'organismes agréés comme les déchets d'emballage. Face au problème du pollueur-payeur qui n'a pas encore été intégré ni par la fiscalité locale ni par les filières industrielles et commerciales, le sénat veut que toute proposition se fonde sur quelques idées simples et claires : - il n'est plus possible de mettre un produit sur le marché, quel qu'il soit, sans se soucier de ses effets environnementaux en fin de vie. - si les collectivités locales restent bien responsables des services d'élimination des déchets, c'est à la filière de production et de commercialisation de financer la majeure partie des coûts de valorisation. Ces règles auront, on le sait, des répercussions sur le consommateur qui est menacé de voir le coût des produits augmenter. Ainsi, un pneu pourra, pour 4F de plus, être recyclé plutôt qu'envoyé en décharge et 5 ou 10 centimes suffiront pour éliminer le mercure et traiter les métaux lourds contenus dans une pile, par exemple.


3 - Les différentes collectes et opérations d'élimination des déchets rennais en chiffres :

Chaque habitant de Rennes produit en moyenne 340 kg de déchets par an. Ce chiffre bien qu'inférieur à la moyenne nationale (360 kg/an) représente environ 70 000 tonnes de déchets produit en 1995 par les rennais. Ces chiffres ne cessent d'augmenter sous l'effet de la croissance économique français. Les collectes sélectives sont de mieux en mieux assimilées par les habitants qui prennent conscience de l'importance du recyclage pour leur environnement. Ainsi 8610 tonnes de verre et 6 142 tonnes de papier ont été collectées en 1999, soit 28.5 kg/hab/an et 15.84 kg/hab/an. Ces quantités ont respectivement augmenté de 5.8% et 10.5% depuis 1998.

Complémentaire à ces collectes, l'usine de traitement et de valorisation des déchets ménagers de l'agglomération rennaise a, elle aussi, fait progresser ses chiffres en 1999. 132 256 tonnes de déchets ont été incinéré à Villejean, soit une progression de 1.86% par rapport à 1998. Cette évolution s'explique par l'absence de mise en décharge comme l'annonçait les objectifs municipaux en matière de gestion des déchets. Le coût moyen de destruction de la tonne d'ordure ménagère par incinération a été de 694.94 F TTC avant recette et de 564.79 F TTC déduction faite des recettes. Mais plus précisément, le dépôt d'une tonne de déchets ménagers dans une poubelle rennaise, coûte, en comptant la collecte et en estimant le traitement, 835 F, en 1999. Le dépôt d'une tonne de verre dans un conteneur coûtera, lui, 394 F et celui d'une tonne de papier dans un conteneur coûtera 419 F. Alors que le prix d'une tonne de déchets verts déposés en déchetterie atteint 170 F, on peut aussi utiliser le bio-composteur pour se débarrasser des mêmes déchets et des restes de légumes, dans n'importe qu'elle quantité, gratuitement. De plus, la vente de vapeur au réseau de chauffage urbain a, elle aussi, augmenté de 4.27% par rapport à l'an passé, soit 87 026 Mwh ont été récupérés. En résumé, le tonnage de déchets ménagers collecté sur le périmètre de l'agglomération en 1999 et traité par les différentes structures a été de 174 775 tonnes, soit 467 kg/hab/an. Sur ces 467 kg, 88.8% ou 414.8 kg ont fait l'objet d'une valorisation répartie entre le recyclage matière: 107 kg ou 23%, et la valorisation énergétique: 307.5 kg ou 66%. La ville assume et remplit, donc, correctement ses objectifs en limitant la part d'enfouissement à 11.2%, soit 52.5 kg.

La logique de complémentarité du recyclage et de la valorisation s'avère plus pertinente qu'une logique de concurrence. Les déchets ménagers doivent être pris en compte par les collectivités et doivent être traités avec trois objectifs principaux : - préserver les ressources naturelles pour les générations futures - créer de l'activité économique et de l'emploi - faire participer l'ensemble de nos concitoyens à l'action collective mobilisatrice Nous devons donc sans cesse, reposer les problèmes de l'environnement et du recyclage afin de les adapter aux évolutions technologiques liées à la croissance économique.



L'usine de traitement et de valorisation des déchets ménagers de l'agglomération rennaise

Bibliographie, documentation :

- Guide pédagogique " la clé des déchets "
- Dossiers techniques de la Ville de Rennes
- Prospectus " tritout " du Syndicat Intercommunale pour la Collecte et le Traitement des Ordures
-
Ménagères du Bassin Rennais (SICTOMBR)
- Science et vie junior (mai 2001)

Ressources sur Internet :

Le site du Ministère de l'Environnement : www.environnement.fr
Le site de l'ADME : www.ADEME.fr
La ville de Rennes : www.villes-rennes.fr
La ville de Liège (Belgique) : www.liege.be
Avec un guide de la politique urbaine en matière de déchets : www.liege.be/cadreslg/cadenvir.htm
Le site du Sénat : www.senat.fr avec un rapport de Gérard Miquel, sénateur sur le "Recyclage et valorisation des déchets ménagers " RAPPORT 415 (98-99)du 10 juin 1999 - OFFICE PARLEMENTAIRE D'EVALUATION DES CHOIX SCIENTIFIQUES ET TECHNOLOGIQUES : www.senat.fr/rap/o98-415/o98-415.html

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Les TPE en classe de Première ES2 au lycée Ile de France de Rennes
2000 - 2001 - Marion H. et Solenn R.
Dernière mise à jour le : 22-05-2001.