Les gens du voyage à Rennes - Métropole : quelle est leur place ?

 

Il s’agit, d’une part, de définir l’organisation mise en place par la ville de Rennes pour assurer de bonnes conditions de vie aux gens du voyage. D’autre part, nous traitons de la position des gens du voyage dans notre société via l’exemple de notre ville. Les principaux enjeux de ce sujet sont d’essayer de mieux comprendre les gens du voyage et de connaître la position de la ville de Rennes afin d’étudier avec le plus d’objectivité possible les politiques menées et leur application. Il s’agit de montrer que malgré les efforts, les gens du voyage ne sont pas intégrés. A travers ce sujet, nous pouvons voir le travail fourni par une ville pour résoudre les problèmes de société.

Sommaire

I- L’organisation de la politique de la ville de Rennes pour l’accueil des gens du voyage
- Qui en est responsable ?
- Y a-t-il des obligations pour les villes de les accueillir (la législation) ? Si oui, quelles sont-elles ?
- Réactualisation du schéma départemental de l’accueil des gens du voyage : de quelle façon ?
- Comparaison de la politique rennaise avec d’autres villes

II- Les espaces aménagés par la ville de Rennes pour les gens du voyage
- Comment (les moyens) ?
- Où ?

III- L’opinion des « sédentaires » vis-à-vis des gens du voyage et réciproquement

Chaque hiver, la fête foraine de Rennes attire de nombreux visiteurs. Les rennais découvrent en cette occasion une partie de la communauté des gens du voyage. Pourtant, ceux-ci n’exercent pas tous le métier de forain. C’est pour présenter cette communauté dans son ensemble et pour décrire la place qu’elle occupe dans notre ville tout au long de l’année que nous vous proposons ce dossier. Dans un premier temps, nous traiterons de la politique d’accueil de la ville de Rennes en ce qui concerne les voyageurs. Dans un second temps, nous décrirons et localiserons les terrains proposés à ces derniers par la ville de Rennes. Enfin, nous présenterons les divergences qui existent entre les nomades et les sédentaires.


1 - L'organisation de la politique de la ville de Rennes pour l'accueil des gens du voyage

a) Qui en est responsable ?


La responsabilité de l'accueil des gens du voyage dans notre ville revient à Rennes Métropole (la Communauté d'agglomération ou district) et plus particulièrement à Maurice Lelièvre, vice-président du district chargé du secteur de l'habitat social et des gens du voyage. Pourtant, l'action intercommunale a des limites: il existe une divergence entre la politique rennaise et celle des communes alentours. En effet, l'association Ulysse 35 qui se place au service des voyageurs et des communes n'a pas le même rôle à Rennes que dans le district. Tandis que celle-ci n'assure qu'un suivi social dans les communes, à Rennes elle assure également la gestion des terrains.

b) Y a-t-il des obligations pour les villes de les accueillir (la législation) ? Si oui, quelles sont-elles ?

En 1991, une première loi recommandait aux communes de réserver un terrain aménagé pour les gens du voyage mais rien ne les y obligeait. Puis une autre loi a été adoptée le 5 Juillet 2000 (la loi n° 2000-614) qui, cette fois, oblige les communes de plus de 5000 habitants à prévoir des terrains. Ces dernières doivent se doter, dans les 18 mois, d'un schéma départemental pour l'accueil des gens du voyage, élaboré par le préfet et le président du conseil général, en concertation avec les représentants des communes concernées, des gens du voyage et d'associations, réunis en commission consultative. Ce schéma consiste à déterminer les zones et communes d'implantation des aires. Si ce schéma n'est pas respecté, le préfet peut décider seul de faire occuper un terrain par les voyageurs. Cependant, si la commune satisfait à ses obligations, le maire dispose de moyens juridiques renforcés pour mettre fin aux éventuels stationnements illicites. A partir de cette loi du 5 Juillet 2000 et d'après l'article 1er, les caravanes sont considérées comme des résidences mobiles ; on reconnaît ainsi le droit aux voyageurs d'avoir un mode de vie propre à leur communauté. Malgré cette reconnaissance, les gens du voyage ne bénéficient pas de l'allocation logement pour l'instant. Par contre, il arrive parfois que la Caisse d'Allocations Familiales apporte des aides financières aux gens du voyage pour acheter des caravanes.

Cependant, une des limites des textes de lois est de faire abstraction de la surface des terrains. En effet, le rapport entre la taille de la population et l'emplacement n'est pas pris en compte. De plus, certaines communes tentent d'éviter l'accueil des gens du voyage ou alors d'aménager des terrains loin du centre, entre la voie ferrée et la quatre voies… Aujourd'hui, des problèmes se posent car le nombre de caravanes a augmenté contrairement à la surface des terrains qui n'a pas changé. En effet, il est apparu une nouvelle circulaire prévoyant un emplacement par caravane ; de fait, les deux terrains de Rennes ne sont plus aux normes : on trouve 44 emplacements à Gros Mahlon pour une surface de 65 m 2 et 40 emplacements à plaine de Baud pour une surface de 70 m 2. Or, les modes d'évolution des voyageurs ont été modifiés : ces derniers possédaient à l'époque une caravane et un véhicule tandis que maintenant, plus de 50 % des voyageurs possèdent deux caravanes. Sur les terrains, l ' "Emplacement-ménage" prend en compte cette deuxième caravane.

c) Réactualisation du schéma départemental de l'accueil des gens du voyage : de quelle façon ?

Les principes de la réactualisation du schéma départemental consisteraient à diminuer le nombre d'emplacements par terrains. Il faudrait également plus individualiser les prestations en proposant par exemple des terrains jardins et en veillant à l'insertion professionnelle (actuellement, 340 familles sont bénéficiaires du RMI dont 60 qui ont une activité déclarée) ainsi qu'à l'alphabétisation des gens du voyage.

d) Comparaison de la politique rennaise avec d'autres villes

Dans les années 70, l'Ile et Vilaine a été un département précurseur dans l'organisation de l'accueil des gens du voyage comparativement à certains départements qui ne prévoyaient pas de politique d'accueil. En 1975, en créant le terrain de Gros Mahlon, la ville de Rennes a appliqué une politique d'ouverture : pour l'époque, c'est un accueil assez important. Gros Mahlon, un des deux terrains de Rennes, est le deuxième terrain des gens du voyage en France et la Bretagne constitue une zone de forte concentration de propositions de terrains. Cependant, malgré des débuts avant gardistes, Rennes n'a pas su s'adapter aux nouveaux besoins des gens du voyage, ce qui en a fait une ville à la traîne.

 
 

2 - Les espaces aménagés par la ville de Rennes pour les gens du voyage

a) Comment, avec quels moyens ?

Lorsque la ville de Rennes aménage les terrains des voyageurs, elle doit prendre en compte la taille de l'emplacement pour une famille. Sur le terrain de Gros Mahlon, les emplacements existants ont été réduits de moitié car le nombre de caravanes par famille a augmenté. Pour augmenter le nombre d'emplacements de ce terrain, la ville de Rennes hésite à utiliser le terrain de football avoisinant qui est inoccupé. Les phénomènes de tension qui existent posent des limites aux propositions de nouveaux terrains. En effet, la cohabitation entre chaque famille de voyageurs n'est pas toujours évidente et c'est pour cette raison qu'il serait sans doute plus souhaitable de proposer plusieurs terrains de huit ou dix emplacements seulement. L'aménagement de gros Mahlon est un exemple type de conception de terrain révolue : les caravanes y sont concentrées, les sanitaires sont inutilisables (dégradations, insalubrité)... Pourtant les gens du voyage apprécient ce terrain du fait de son emplacement.

b) Où ?

Cliquer sur les documents ci-dessous pour pouvoir les agrandir

Les terrains des gens du voyage - Communauté d'Agglomération (Rennes Métropole) - Nombre d'emplacements et taux d'occupation


Consulter aussi les documents des services de la Préfecture :
http://www.bretagne.pref.gouv.fr/ill_vilaine/
RC/RC2/RC2_01.HTM

La localisation des capacités d'accueil : http://www.bretagne.pref.gouv.fr/
ill_vilaine/RC/RC2/gensvoyages.pdf

Le schéma régional d'accueil http://www.bretagne.pref.gouv.fr/ill_vilaine/RC/RC2/schema-accueil.pdf

Localisation des communes de Rennes Métropole




Pour retrouver ces fonds de cartes :
www.ac-rennes.fr/pedagogie/hist_geo
/BzhenL/CartesBzh/fondscartes/villes.htm

et
www2.ac-rennes.fr/crdp/doc/DocRegion/district/accueil.htm

Les aires d'emplacement des terrains : délimité en jaune, celui de Gros Mahlon, en vert celui de la plaine de Baud



D'après un extrait scanné et retouché (amélioration des contrastes) de la photographie de l'IGN
du 24-06-99 - 48°06.93N 1°40.74W - 1999 FR 5323/250


3 - L'opinion des "sédentaires" vis-à-vis des gens du voyage et réciproquement

La situation géographique des terrains choisis par la ville de Rennes pour les gens du voyage évoquée précédemment illustrent une relation chaotique entre ces derniers et les sédentaires. D'une part, les sédentaires entretiennent d'anciens préjugés en qualifiant les gens du voyage, entre autres, de "voleurs de poules" et ne respectent pas toujours leur culture en utilisant des termes tels que "manouches" de manière péjorative. Mais au-delà de ces préjugés, il existe une véritable crainte de la part des sédentaires qui considèrent les gens du voyage comme violents, provocateurs, irrespectueux… D'ailleurs la police n'ose pas toujours intervenir lors de conflits ou de dégradations générées par les gens du voyage.

D'autre part, même si beaucoup de sédentaires ont une mauvaise opinion des gens du voyage, la réciproque est vraie. En effet, pour la plupart des nomades, "sédentaire" rime toujours avec "gadgé", ce qui souligne le besoin d'établir une barrière avec la communauté sédentaire. Ce détail met en lumière le mal être d'une population à la recherche d'une base identitaire qu'ils perdent peu à peu. Les gens du voyage ne font pas toujours l'effort de cohabiter avec leur voisinage mais préfèrent rester dans leur monde, par exemple ils acceptent difficilement d'envoyer leurs enfants à l'école de peur de se voir imposer une façon d'être qui n'est pas la leur. On peut donc dire que les gens du voyage ne sont pas volontaires pour s'intégrer dans notre société qu'ils jugent contraire à leur besoin de liberté.

La loi du 5 Juillet 2000 est révélatrice d’un progrès dans la prise en compte des gens du voyage au sein de notre société. Désormais, même les plus réticents se voient contraints d’appliquer quelques principes de base dans la prise en charge d’une population restée à l’écart. Bien sûr, l’application de cette loi ne se fait pas toujours en faveur des gens du voyage ; on le remarque par exemple dans le choix de l’environnement de la plupart des terrains mais un pas en avant a tout de même été réalisé. Cependant, les efforts doivent être réciproques. En effet, les gens du voyage donnent l’impression de se satisfaire de cette situation « d’exclusion » et de l’entretenir dans certains cas. En refusant toute forme d’encadrement, ils se mettent en porte-à-faux d’une optique de la vie en commun généralement admise.

Dans l’avenir, le défi à relever serait de réussir à allier de façon plus stable deux mondes opposés. Mais sont-ils réellement si différents ?



Copyright Jean-Louis Mercier



Sources d'information :

Ces différentes personnes nous ont aidé dans l’élaboration de ce dossier :
- « Nelly » : l’animatrice / agent de développement de l’association Ulysse 35
- Claude Carret, photographe, qui nous a permis de mieux connaître les gens du voyage
- Michel Bouvier qui s’occupe des gens du voyage pour la ville de Rennes Nous les en remercions ! ?

Pour en savoir plus sur Rennes Métropole :
http://www2.ac-rennes.fr/crdp/doc/fondsspe/fonds_regional/district/accueil.htm

D'autres sites visités :
>> www.logement.equipement.gouv.fr/actu/dossiers/gdvmotifs.htm
>> www.legifrance.gouv.fr/citoyen/jorf_nor.ow?numjo=EQUX9900036L
>> http://vosquestions.service-public.fr/fiche/3079.htm
>> http://jt85.online.fr/atb.html?http://85.online.fr/gens-du-voyage/index.html

Ainsi qu'à travers la presse :
Ouest France : articles des 19.12.00, 3.01.01
Le Rennais, magazine officiel de la municipalité : article de Mai 2001


 
Les TPE en classe de Première ES2 au lycée Ile de France de Rennes
2000 - 2001 - Kaéna H. et Laura Le B.
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Dernière mise à jour le : 22-05-2001