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Les moyens d'agir : les Contrats Locaux de Sécurité (CLS)
1.1 - Pourquoi créer des contrats locaux de sécurité
?
Lancés par une circulaire du 28 octobre 1997, les contrats locaux
de sécurité (CLS) visent un renforcement de l’action conjointe des services
de l’Etat, et à organiser un partenariat actif et permanent entre tous
ceux qui, au plan local, sont en mesure d’apporter une contribution
à la sécurité. Dans le cadre de la commune, les CLS constituent l’outil
principal d’une politique de sécurité privilégiant notamment l’éducation
à la citoyenneté. La proximité est l’objet de redéploiement de la police
et de la gendarmerie et son efficacité est renforcée par l’action conjointe
de l’ensemble des services d’Etat. Le rôle de l’autorité judiciaire
dans le diagnostic de sécurité et la mise en œuvre du contrat local
de sécurité est primordiale. Aujourd’hui, des contrats ont été signés
dans les cours d‘appel et 125 tribunaux de grande instance dans 86 départements.
Au sein de l’institution judiciaire, c’est le procureur de la République
qui est le signataire du contrat aux côtés du préfet et du maire. Il
fait appel à l’expertise d’acteurs de l’institution judiciaire spécialisée
dans le traitement de la délinquance de façon à pouvoir définir une
stratégie d’actions cohérente et globale. La protection judiciaire de
la jeunesse ; à travers un réseau dense d'associations et d'établissements
habilités, met en place des actions d'éducation à la citoyenneté adaptées
aux jeunes qu'elle prend en charge.
1.2 - Organisation d'un contrat :
- Par qui est-il créé ? Ce sont : le Préfet,
représentant de l' Etat et, à Paris, le préfet de police qui suscitent
auprès des collectivités locales l'élaboration d'un contrat ou prennent
en compte le souhait des collectivités locales d'être dotée d'un C.L.S.
La priorité est accordée aux zones plus sensibles sur le plan de la
sécurité. Le contrat est élaboré conjointement par les maires, les préfets
et les procureurs de la République qui s’appuient sur les Conseils
Communaux de Prévention de la délinquance (CCPD) ; le recteur d'Académie
est associé à la démarche. Il est signé par le préfet, à Paris par le
préfet de police, par le procureur de la République et le maire concerné.
Ils mettent en place un partenariat actif et permanent, à l’échelle
d’un territoire pertinent. Et éventuellement s'ils participent à la
mise en œuvre du contrat, le recteur, le président du conseil régional
et le président du conseil général et accessoirement d'autres partenaires
sont invités à le signer. Les C.L.S doivent s’appliquer en priorité
aux quartiers sensibles dans lesquels des moyens nouveaux seront concernés.
- Elaboration du contrat :
L'élaboration du contrat se fait de manière méthodique et précise, il
se fait en trois étapes : Premièrement la préparation
et la négociation, le préfet en alliance avec le procureur de la
république conduit une concertation avec le maire concerné. Il y fait
participer les services de l' Etat : police et gendarmerie ; Education
nationale ; Emploi et solidarité ; Jeunesse et Sports ; protection judiciaire
de la jeunesse et administration pénitentiaire. Il y invite également
les collectivités qui ont la responsabilité des services sociaux. Il
s'appuie sur les conseils communaux de prévention de la délinquance.
Il peut associer à la réflexion le monde associatif, les représentants
des bailleurs sociaux, les sociétés de transport en commun, les responsables
des principaux établissements commerciaux, …Selon des modalités à définir
localement la population est elle aussi associée à l'élaboration, à
la mise en œuvre et au suivi du contrat. Deuxièmement la détermination
du territoire dans la plupart des cas, la commune ou l'agglomération
constitue le cadre le plus approprié pour organiser la lutte contre
la délinquance. A Paris, Lyon, et Marseille, les CLS peuvent être conclus
par arrondissement. Il peut être nécessaire de prévoir un contrat :
pour un quartier déterminé et sur des réseaux de transports. Enfin
la troisième étape est l ‘établissement d’un diagnostic local de sécurité
: un outil d’aide à la décision. Celui-ci porte sur un constat de
la situation en termes de délinquance. En tenant compte des travaux
existants menés notamment dans le cadre des conseils communaux de prévention
de la délinquance (CCPD), il s’agit d’aboutir à une meilleure connaissance
des données statistiques, l’appréhension de la situation de la délinquance
sur un territoire donné soit la même pour tous partenaires. Le constat
doit comporter des indications quantitatives sur : la délinquance
et les délinquants en mettant en évidence les caractéristiques dominantes
; les incidents recensés par les établissements scolaires ; la population
exposée, notamment celle en situation précaire ou en voie de marginalisation
; la connaissance des victimes.
Une évaluation du sentiment d’insécurité.
Le sentiment d’insécurité ne se confond pas avec la contestation de
faits de délinquance. Il doit être évalué à partir : des attentes et
des demandes de la population ; des appréciations portées sur la situation
locale par des personnes qui, au titre de leurs activités, sont à même
d’observer la vie quotidienne et d’aider à la compréhension des comportements
délinquants.
Une analyse des réponses apportées par les pouvoirs
à la situation locale.
Il s’agit de répertorier tous les moyens qui concourent à la sécurité,
tant en ce qui concerne la prévention que la répression, mis en œuvre
sur le territoire par les différents partenaires, et de mettre en évidence
les dysfonctionnements et les inadaptations.
Le diagnostic local doit permettre de : différencier les zones selon
l’acuité de la délinquance ; préparer le plan d’actions concertées.
Il doit être régulièrement renouvelé. Ils peuvent également développer
l’îlotage, améliorer l’accueil du public des affaires judiciaires en
temps réel.
Que contient-il ? Un contrat local de sécurité est une définition
précise des priorités et des objectifs à atteindre, c’est un plan
d’action comportant les mesures à mettre en œuvre, un calendrier
et des outils de suivi, une déclinaison des moyens engagés par chacun
des partenaires. Les actions à entreprendre doivent comporter : la prévention
de la délinquance en privilégiant les actions innovantes et cordonnées
; les conditions d’intervention de la police et de la gendarmerie. Le
C.L.S est aussi le cadre des actions concertées entre l’autorité administrative
et l’autorité judiciaire pour favoriser la continuité des actions entre
la police et la justice. La mise en place de groupes de traitement
local de la délinquance est encouragée. Le but à atteindre est de
faire diminuer la délinquance et de faire reculer le sentiment d’insécurité.
De quels moyens dispose t - on ? Chaque partenaire apporte ses
moyens propres. Le CLS doit permettre de mieux coordonner les actions
de ces services et de les adapter aux situations locales. L’ Etat apporte
des moyens supplémentaires grâce au programme de création d’emplois
de proximité : des adjoints de sécurité placés auprès de
la police nationale, et des agents locaux de médiation sociale
proposés aux collectivités locales. IL faut rajouter les emplois
- jeunes créés sous l’égide d’autres ministères et qui concourent
également au rétablissement du sentiment de sécurité : aide - éducateurs
de l’Education Nationale, agents de médiation pénale, par exemple.