La Bataille des Cardinaux
La France et l'Angleterre en 1759
C'est la guerre de sept ans. Louis XV veut envahir l'Angleterre pour chasser Georges II. Celui-ci fait le blocus des côtes françaises et ses soldats débarquent pour détruire les forts français.
Les Anglais ont déjà envahi et occupent les îles Anglo-normandes : Jersey, Guernesey, Aurigny et Sercq, où ils construisent des forts et des grands ports, et même les îles Chausey.
Pendant l'année 1759, l'escadre de l'Amiral Hawke fait le blocus du port de Brest, le principal port de la marine française, et celle du Commodore Duff mouille en baie de Quiberon.
Préparation du débarquement
Une armée française doit être débarquée en Ecosse pour attirer l'armée anglaise et permettre le débarquement principal près de Londres.
Cette armée, commandée par le Duc D'Aiguillon, se prépare à embarquer dans le golfe du Morbihan et en rivière d'Auray.
L'escadre de Brest, commandée par l'Amiral De Conflans, doit faire diversion en attirant Hawke et Duff, si possible les combattre victorieusement, puis sa mission consiste à protéger le convoi des troupes terrestres.
Le commandant général de l'opération est le Duc D'Aiguillon
Mais la marine anglaise est, à l'époque, mieux équipée en navires récents et plus riche en marins expérimentés que la marine française.
vaisseau de ligne
Celle-ci est dirigée par des ministres qui ne sont pas toujours des marins et qui sont souvent opposés aux chefs de l'armée terrestre.
Tout au long de l'année, De Conflans et D'Aiguillon se disputent l'honneur de diriger l'expédition suivant leur propre plan.
Le roi et ses ministres tergiversent, hésitent devant les risques et la préparation insuffisante, mais les caisses de la France sont vides et De Conflans est envoyé au combat.
La bataille - 20 novembre 1759 -
Il hésite pourtant et il décide de ne combattre que les navires anglais isolés.
Chassées par le mauvais temps, l'escadre de Hawke est repartie mouiller sous la côte sud de l'Angleterre et celle de Duff s'est dispersée.
De Conflans sort du port de Brest vers Quiberon. Mais le petit temps ralentit sa flotte. Il lui faut cinq jours pour atteindre Belle-île.
Alors qu'il la contourne, il aperçoit derrière lui l'escadre de Hawke. Celle-ci a l'avantage de la vitesse et du vent.
De Conflans pense pouvoir gagner les brisants des Cardinaux et se réfugier en baie de Quiberon où les Anglais n'oseront pas le suivre.
Mais l'escadre de Hawkes rejoint son arrière-garde, longe sa ligne en canonnant l'escadre française en pleine manoeuvre.
Des navires français sont coulés ou désemparés par les canonniers anglais, d'autres se heurtent en manoeuvrant, coulent en virant de bord avec leurs sabords inférieurs ouverts, ou s'échouent sur les récifs en manquant leur virement.
Quelques vaisseaux anglais sont aussi naufragés, coulés ou échoués sur le plateau du Four.
Des navires des deux flottes, désemparés, sont pris par l'ennemi.
De Conflans lui-même échoue volontairement son vaisseau amiral, le Soleil Royal, devant Le Croisic pour empêcher les Anglais de s'en emparer.
Sauvés par la nuit, sept navires français se réfugient en Vilaine, d'où ils ne ressortiront qu'au bout d'un ou deux ans, et d'autres s'enfuient vers Rochefort.
Bien qu'ayant perdu quelques navires, les Anglais sont vainqueurs et domineront l'océan pendant encore de longues années.
De Conflans a sans doute fait le mauvais choix. S'il avait viré vers l'escadre anglaise, il aurait eu de l'espace pour manoeuvrer et l'avantage de la gite du bon bord pour utiliser tous ses canons. Et qui sait, il aurait peut-être gagné la bataille ?
Après la bataille
Pendant et après la bataille, les Anglais et les Français sauvent les adversaires naufragés, et ils soignent ceux qu'ils peuvent.
Le lendemain, les Anglais débarquent sur les récifs devant Le Croisic pour récupérer quelques canons du Soleil Royal échoué. Les défenseurs de la ville les canonnent pour les en empêcher et Hawkes fait bombarder la ville.
Plus tard, D'Aiguillon et Hawkes négocient la libération des marins français prisonniers. Ils ne rejoindront pas les tristes pontons anglais où échouent et souvent meurent, malades et affamés, les prisonniers de la marine française s'ils ne sont pas enrôlés de force sur les navires anglais.
collectif CE2/CM - extrait du journal de l'école n°32