Belle de Vilaine

La chaloupe, telle que Belle de Vilaine, reconstitution d'une Chatte de Billiers, ancètre du chalutier polyvalent a été utilisée entre 1850 et 1900 environ pour pratiquer plusieurs pêches dont la pêche au thon et la drague au chalut à perche.

 

Ses caractéristiques principales sont sa voilure au tiers, à deux mats, misaine et grand-voile, pouvant porter en plus bonette en-dessous et hunier au-dessus, avec un foc sur bout dehors et, sur les plus grandes, une voile de tape-cul, ainsi que la forme de sa coque, large et arrondie à la poupe et à la proue, et au pavois ajouré.

 

A l'intérieur, on trouve, en avant du trou d'homme de barre, le carré, puis la cale où dormait l'équipage..., et enfin le puits avant.

Le lest était en galets.

Sur ce petit bateau peu protégé d'à peine dix mètres, l'équipage armait à la pêche au thon blanc ou germon à partir du mois de mai.

Il fallait le rechercher dans le golfe de Gascogne, depuis le large du Cap Finistère en Galice au mois de juin, jusqu'au sud-ouest de l'Irlande en octobre.

Au menu : houle, calmes et coups de vents, pain vite rassis et moisi, sardines et lard, soupe et patates, eau, cidre ou mauvais vin rouge, pour une quinzaine de longues journées de pêche, trempés par les vagues ou desséchés par le soleil, transis par l'humidité, les mains crevassés par les lignes de pêche.

On ne rentrait, bien sûr, que lorsque les thons s'alignaient sur plusieurs rangs, pendus au dessus du pont, vidés et les ouïes découpées, en espérant que les baches les aient suffisament protégés de l'humidité nocturne pour rapporter quelques sous à la maison.

A partir de la mi-octobre, on armait la chaloupe pour la pêche à la drague, avec un chalut à perche, sur la côte bretonne et vendéenne. On y pêchait, entre autres poissons de fond, la raie, le rouget et la sole...

Les lignes à thon :

Généralement au nombre de 14, elles sont fixées soit sur le bateau (3 + 1 en bout de vergue de grand-voile), soit sur deux longs tangons se croisant sur le pont et débordant d'une dizaine de mètres de chaque côté du bateau.

Chaque tangon reçoit 5 lignes de plus en plus longues vers l'extérieur, ramenées au plat-bord par un petit bout ou cordage fin, le hale à bord, en cas de prise.

Les lignes, en chanvre, mesurent de 6 à 90 m. L'avançon est en laiton, assez fragile, et l'hameçon double reçoit un habillage en paille de maïs blanchie puis en crin.

 

Le chalut à perche :

Le chalut, dit bourse ou "ar sac'h drag" en breton, lesté par deux pierres et de la chaîne, est maintenu ouvert comme une chaussette en filet par deux bâtons verticaux, ou "sparl", des flotteurs en lièges et la longue perche de 6 mètres environ.

Il est tiré par la chaloupe sous voiles sur les fonds sablo-vaseux, au bout d'une patte d'oie en cordage d'une cinquantaine de brasses, soit environ 80 m.

L'Homme et la mer / la pêche 06, livret de l'expo réalisée à l'école en 3e partie du tryptique Environnement littoral et milieu marin de Billiers / Vilaine, Action d'ouverture Educative 93/94, textes, photos sauf nocturnes, et transfert informatique 96/97 élèves.